jeudi 27 octobre 2016

Homeschooling: réinventer les études


Comme beaucoup d'entre vous je viens de finir la lecture du best seller de Céline Alvarez

Et je dois reconnaître que ce qu'elle a fait à Gennevilliers est absolument admirable. Pour des enfants issus d'un milieu défavorisé, qui à 3/4 ans traînaient déjà leurs propres casseroles, Montessori était clairement le meilleur choix possible. J'ai beau ne pas être pour les apprentissages trop précoces, et estimer que l'école maternelle "gnan-gnan" fait souvent plus de mal que de bien... pour ces enfants là on n'aurait pu rêver mieux. Elle a su les cadrer, développer leur vocabulaire et leur apprendre à lire (ce qui a son importance quand personne à la maison ne fait la lecture aux enfants). 

Bien sûr tout n'était pas parfait. Elle reconnaît d'ailleurs bien volontiers qu'il aurait fallu faire sortir beaucoup plus souvent les enfants dehors dans la nature, ce qui lui était techniquement inaccessible. Mais elle a su prouver qu'avec de bonnes méthodes et de la bienveillance on peut faire des merveilles... même en zone d'éducation prioritaire. Il fallait le faire!

Alors admirative comme je l'étais j'ai longtemps cherché quelque chose qui soit transposable chez nous, dans notre petite instruction en famille.

Et... je n'en ai pas trouvé une seule.

Absolument tout est pensé pour un groupe d'enfants, pour un fonctionnement scolaire. A aucun moment je ne me suis vue récupérer quelque chose pour chez nous.

-Transvaser de l'eau? Il suffit de les laisser se servir à boire quand ils ont soif.
-Jouer avec des clochettes? Le piano c'est autrement plus riche.
-Apprendre à faire ses lacets et à boutonner sur un cadre? Il se trouve justement qu'ils portent sur eux des souliers et des vêtements pourvus de fermetures en tout genre...
-Nettoyer les feuilles des plantes vertes? C'est un bon substitut de nature dans une classe, mais à la maison un bac pour faire pousser des légumes c'est quand même plus complet.
-Plier du tissu? Ils le font déjà tous les jours en pliant leurs vêtements.
-Scotcher des dizaines d'étiquettes partout pour prouver qu'on a compris ce qu'on vient de lire? Génial pour dégager du temps pour l'enseignant mais la vérification de la compréhension se fait déjà naturellement quand on apprend à lire sur les genoux de ses parents.
-...

Bref: les nombreuses activités proposées sont très marrantes et efficaces dans une classe, et j'imagine qu'elles sont fabuleuses pour combler un déficit de vie familiale normale... mais sont-elles vraiment utiles ou même cohérentes à la maison avec des parents impliqués, instruits et francophones? 

A contrario je n'ai absolument rien trouvé dans le livre sur l'éveil culturel des enfants. Rien sur les lectures si ce n'est quelques albums ludiques, rien sur d'éventuelles sorties à la ferme, autour d'un monument, à la piscine ou au musée, rien non plus sur le sport ou sur le temps passé à l'extérieur... autant d'aspect fondamentaux en école à la maison.

Au final j'ai été rassurée quand elle a abordé la question de l'application de ses principes à l'école à la maison. Pour l'avoir vue mise en pratique dans des familles elle est on ne peut plus claire: elle n'est pas contre le homeschooling mais la pédagogie Montessori est conçue POUR une salle de classe. Elle ne prend que grâce à une dynamique de groupe, grâce aux interactions permanentes de nombreux enfants d'âges différents. Piocher dans le matériel, pourquoi pas! Les lettres rugueuses par exemple sont intéressantes (même si elles ne sont pas vraiment "Montessori"). Mais faire du Montessori pur à la maison, c'est exactement comme jouer tous les jours au basket tout seul, sans équipe: il manque l'essentiel! On ne peut tout simplement pas faire fonctionner de la même manière une école et une fratrie. 

Alors à la maison... on fait quoi? 

Les américains distinguent généralement cinq styles de homeschooling. Cinq grandes tendances qui ont fait leurs preuves en instruction en famille. J'ai mes préférences, comme tout le monde, mais j'estime que toutes ces méthodes ont leur rôle à jouer selon les affinités, l'âge, l'enfant ou même le contexte:

-Unschooling (à ne pas confondre avec "informel"). Aucun programme d'étude n'est défini à l'avance, l'adulte ne fixe aucun objectif de connaissances à acquérir à telle date. L'enfant choisit ce qu'il étudie selon ses centres d'intérêt du moment. Cela peut se faire en informel uniquement (en comptant sur le bain culturel) ou -si l'enfant en fait la demande- de manière plus rigoureuse (avec livres et cahiers). Pour en savoir plus: lire John Holt, André Stern, Ivan Illich !

-Classique. Ce sont les vieilles méthodes d'antan, celles qui ont fait leurs preuves. Lecture syllabique, calcul au boulier, analyse grammaticale et logique, dictées, étude des grands auteurs, Histoire de France dès les petites classes...
Pour en savoir plus: direction les cours par correspondance Sainte Anne, Hattemer, Cefop, Sacré-coeur, Kerlann (attention, cours ponctué de très nombreuses coquilles)... Ou encore la caverne d'Ali-Baba "manuels anciens". 

-Traditionnel: ou l'école contemporaine transposée à la maison. L'enfant suit la progression de ses manuels scolaires Hatier/Belin/Nathan/... et valide, compétence après compétence, les programmes de l'éducation nationale. Le fonctionnement est basé sur des interros/QCM/polycopiés. La lecture est apprise avec la méthode mixte.
Pour en savoir plus: c'est sur le site du ministère de l'éducation que ça se passe. Côté cours par correspondance le CNED ou encore Pi sont tout indiqués. 


-Charlotte Mason, ma préférée! Plus qu'un programme, c'est une philosophie qui permet de se donner une certaine ligne de conduite et de choisir les bons supports. Ici les living books remplacent les manuels et la narration quotidienne remplace toutes les autres formes d'évaluation. Le programme d'étude est dense, articulé autour d'une routine fixe. Le temps passé en extérieur à découvrir la nature et à faire du sport est considérable. Le soucis de plonger l'enfant dans un véritable bain culturel est constant. Par exemple aucune dictée, aucun exemple ne sont jamais inventés pour coller aux difficultés étudiées: tout est pioché dans la grande littérature.
Pour en savoir plus: La pédagogie Charlotte Mason tome 1 et tome 2, mais aussi les innombrables ressources sur les blogs anglophones. 

-Unit Study. L'adulte choisit un thème qui va servir de base à tout le reste. Imaginons que le thème est la pomme. En maths l'enfant va compter des pommes. En français il apprendra les sons des mots pomme/verte/rouge/verger/chenille/tarte..., en lecture il lira Un petit trou dans une pomme, en poésie il apprendra Petite Pomme... En sciences il verra comment elle pousse et en dessin il en dessinera de toutes les couleurs. L'année se déroule ainsi, autour d'une succession de thèmes. L'unit study (qui est très en vogue, si ce n'est incontournable, dans les écoles maternelles françaises) convient souvent bien aux créatifs puisqu'il est propice à la multiplication d'ateliers, d'expériences et d'activités manuelles en tout genre.
Pour en savoir plus: Pinterest! Et tous les blogs d'enseignants de maternelle en général. 

Et vous? Comment faites vous fonctionner votre homeschooling?

32 commentaires:

  1. Oh, j'apprends que les études thématiques comme nous les faisons se nommeraient "Unit Study" ! Pour répondre à la question, nous fonctionnons par CPC formule complète et donc Unit study ;-) Le tout saupoudré d'un peu de Mason, de quelques cartes de nomenclature Montessori et de quelques manuels anciens classiques.

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  2. Je dirais qu'ici c'est la vie qui nous donne les apprentissages... Nous venons par exemple d'avoir une naissance de poissons dans notre aquarium, les questions des enfants autour de cet évènement donne le ton. Nous parlons donc des animaux ovipares ou vivipares avec celui qui pose la question, un autre sera plutôt intéressé par la durée de vie des poissons et j'ai par exemple surpris ma fille en train de peindre cette naissance. Nous essayons mon mari et moi d'apporter des réponses et si nous ne les avons pas, nous partons à la rencontre de ceux qui les ont. Pour les mathématiques et la lecture c'est particulièrement vers la progression et le matériel Montessori que l'on se tourne. Mais ce qui est très important ici c'est qu'ils fassent ce qu ils ont envie et que se soit gai. Nous passons également énormément de temps dehors, en toute saisons , souvent de longues heures, c'est très important pour nous .

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    1. "Que ce soit gai" ❤️
      C'est effectivement une priorité, on ne le dit pas assez!

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  3. Je suis enseignante et effectivement je trouve que la pédagogie Montessori est très pertinente dans les classes, pas pour les parents qui font l'école à la maison et peuvent faire toutes les activités en vrai!!

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  4. Je trouve votre analyse intéressante... Je partage vos réserves concernant l'application "pure et dure" de la pédagogie Montessori à la maison, en particulier lorsqu'elle s'accompagne d'un investissement matériel coûteux. J'ai beau être plutôt séduite par l'approche Montessori, l'esprit souvent dogmatique qu'on peut rencontrer parmi les tenants de cette pédagogie m'interpelle grandement. Et oui, il m'apparaît de plus en plus qu'elle est difficilement pertinente dans un contexte "solo" où la dynamique de groupe ne fait pas partie de l'équation. Elle reste pourtant une source d'inspiration, à aménager "à ma sauce", dans le contexte particulier qui est le mien.

    Je ne suis pas (pas encore?) concernée par l'instruction en famille, mais ce petit tour d'horizon des différentes approches possibles m'a donné à penser. Merci :-)

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    1. Coucou Marie , je pense que l'application "pure et dure" de la pédagogie Montessori à domicile peut enfermer l'enfant car non prévue pour être "reproduite"de manière stricte dans un contexte familial et que certains apprentissages reproduits selon cette pédagogie seul et de façon trop structurée peuvent aller à l'encontre de leur but de départ. J'ai aussi un doute quand à l'utilité de certaines activités ( nettoyer les cuivres par exemple ) et je pense qu'une adaptation à l'enfant, à son milieu de vie et à son époque sont nécéssaires.J'en profite pour vous dire que j'essaye de laisser des commentaires sur votre blog mais cela ne fonctionne pas.. il semble y avoir un soucis avec les posts de commentaires..

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    2. Merci de m'avoir alertée! Je ne m'étais pas préoccupée des paramètres de mes commentaires jusqu'à présent... Peut-être cela fonctionnera-t-il mieux maintenant?

      Oui, l'adaptation à l'enfant, à son milieu de vie, à son époque et à ses conditions particulières doit être primordiale. Quelle que soit la pédagogie d'ailleurs.

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    3. Je rebondis, car chaque activité est réfléchi pour absorber plus tard et pouvoir passer à l'abstraction ... nettoyer des cuivres ce n'est pas juste nettoyer des cuivres il y a énormément de choses derrière tout ça!
      Je ne suis pas "pro Montessori" loin de là mais je trouve dommage d'écrire des choses quand on ne connait pas correctement cette pédagogie ... et pour cela lire la vulgarisation Montessori ne suffit pas , il faut se former pour en comprendre tout son sens.
      Et je le répète , elle a tout a fait sa place à la maison!
      Pour ma part, je m'inspire de plein de pédagogies, je ne les connais pas toute et je ne permets pas de jugement sur celle que je ne maitrise pas.

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    4. Je vous demande de ne pas dire "on ne connait pas " sans savoir ce que je connais ou pas. Et je n ai jamais d'ailleurs dit que nettoyer des cuivre ne servait qu à nettoyer des cuivre! Formée en Montessori ,ayant enseigné en communauté enfantine et vivant cette pédagogie au quotidien en homeschooling , j 'ai pleinement conscience de la finalité de ce genre d'exercice, ce que je dis ( et heureusement on a le droit d'avoir son opinion sans juger l autre ni sa connaissance du sujet ) c'est que je pense que ces activités qui malgré leurs finalités restent des activités de vie pratique doivent se rattacher ..à la vie Pratique ! Des adaptations et aménagement me semblent donc pertinents car comme le préconisait Maria Montessori , cela doit rester vivant, et non figé .Le "nettoyage des cuivres " comme j'aurais pu citer un autre exemple, doit donc pouvoir ( à mon avis ) être adapté au milieu, à l'enfant et à l'époque . Bien sûr en relisant les messages vous constaterez que vous êtes la seule à penser que nous disons que la pédagogie Montessori n'a pas sa place, nous mettons juste une nuance sur le coté "pure et dure " préférant la souplesse et l adaptation. ++libre de penser pas de juger ++ ;-)

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    5. EN effet, Christelle mes mots ont peut être dépassé ma pensée mais je vois partout beaucoup de critiques de personnes non formées et je trouve ça vraiment dommage! Alors oui, j'ai bien compris que laver des cuivres ce n'est plus trop de notre siècle mais juste rappeler le fait que derrière tout ça il y a vraiment tout un processus scientifique qui est souvent oublié pour beaucoup et c'est dommage.
      Par contre, il me semble tout de même avoir lu que "vous" (commentaires en général) aviez des réserves quand à l'application de cette pédagogie à la maison ... et c'est là ou j'exprime mon avis.
      ET comme je le disais ci dessus, je suis la première à ne pas être "pro Montessori", oui il y a certainement des nuances à apporter à la maison.

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    6. En tout cas Nawel,ZelieCo, je pense qu'on est sur la bonne voie ...car s'enflammer pour défendre ce qu'on veut être le meilleur pour nos enfant, démontre à quel point nous sommes engagées :-) Tout compte fait...Ils en ont de la chance nos enfants <3

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  5. A la maison il faut voir la pédagogie Montessori comme un outil.
    Montessori est avant tout une philosophie de vie transposable à la maison et qui rejoint nombre de pédagogie active.
    Le matériel est un support très utile pour passer à l'abstraction.
    Je connais bon nombre de famille utilisant cette pédagogie à la maison et y trouvant leur compte. Alors oui, forcément si il y a des interactions entre les enfants elle sera plus riche mais comme toute pédagogie non? Et quand a la place de la nature, de l'artisanat , du jardinage et de la créativité, dans la pédagogie Montessori cela représente une place très importante...je crois que bon nombre de personnes connaissent très mal cette pédagogie.

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  6. Merci pour ce sympathique article... mais je pense qu'il manque plusieurs cordes à cet arc: aller piocher dans les pédagogies (l'article était sur Montessori) mais il reste Steiner ou encore Freinet qui peuvent nous inspirer +++
    Et surtout dernier point: un peu de tout! Perso, je pioche un peu dans chaque selon les moments, les humeurs, les enfants et ce qui va fonctionner avec l'un ou avec l'autre... Et c'est ce que je retiendrais de l'IEF, notre LIBERTE! Pouvoir piocher où bon nous semble quand on veut, comme on veut, pour qui on veut!
    Séverine

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  7. Pourquoi choisir entre ces méthodes ? :-)

    Ici nous faisons un mix de "classique à la sauce Montessori" pour le langage, les mathématiques et l'histoire, beaucoup de lectures vivantes et de narrations version CM, sans oublier les longues heures à jouer dehors. La géographie plutôt en unschooling, selon les intérêts du moment !

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    1. Ici aussi nous faisons un mix, pour les mathématiques et la lecture par exemple je trouve la progression Montessori exceptionnelle . L'approche Regianne apporte beaucoup également particulièrement pour ce qui est de s'exprimer, de laisser parler son côté artistique et d'entrer en relation avec la nature. C'est ce qui est géniale à la maison on est libre de choisir et je trouve que c'est ça qui est riche :-)

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    2. Personne ne dit qu'il faut choisir 😊

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    3. Ouiii et c'est le coté que j'adore dans l instruction en famille :-)

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    4. Et je partage complètement votre avis. Prenons ce qui correspond le mieux à chacun et là ou chacun se sent le plus à l'aise!!

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  8. Permets moi d'expliquer un peu les activités de "Vie pratique" Montessori, que tu sembles trouver inutile en IEF...

    Bien sûr, l'enfant apprend à se servir à boire à table ou à nouer ses lacets, ou mais le faire tranquillement, dans un moment calme et sans "pression de résultats" (attacher les chaussures pour sortir) permet à l'enfant de faire et refaire sans fin le geste. Mes filles ont passé des heures à verser de l'eau dans des verres de différentes tailles, avec des entonnoirs, etc... (et ça me parait difficilement possible à table !). Il est bien plus simple d'apprendre à boutonner sur un cadre avec un tissu bien tendu que sur sa chemise.

    Par ailleurs, en dehors de leur but visible (verser, boutonner, ...) ces activités permettent à l'enfant de développer deux qualités (que bien sûr, il pourra acquérir d'une autre façon !) : la volonté et la concentration.
    Choisir une activité (et attendre si son frère ou sa soeur est en train de le faire, ou apprendre à travailler ensemble), la faire dans un cadre donné, ranger.

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    1. Non j'avoue que je ne vois pas trop la plus value du matériel spécifique 😊, mais c'est peut être parce que nous sommes rarement en stress pour sortir et que je n'ai jamais eu à apprendre à un enfant à faire ses lacets ou à se boutonner (ça s'est fait tout seul, vraiment)... et parce qu'ils ont pas mal de temps pour bricoler/patouiller/cuisiner... du coup faire faire des versés pour faire des versés... ça ne nous botte pas trop.
      Et puis... plus le temps passe et plus j'essaie de faire simple.

      Cela dit comme précisé dans l'article je trouve fabuleux qu'on pioche dans telle ou telle pédagogie ou qu'on prenne dans le système scolaire les idées et le matériel qui nous parlent. C'est sur l'application du système Montessori à la maison, de la pédagogie dans sa globalité, que je suis sceptique. Et je ne suis pas la seule: Céline Alvarez connaît très bien Montessori, elle est formée, elle l'a mis en œuvre à la perfection dans son Ecole de Gennevilliers... et elle estime que ce n'est pas viable à la maison. :-)

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    2. Je n'ai pas lu son livre mais je me permets de répondre sur ce point. Oui elle est formée (en 3-6) et oui ce qu'elle a mis en place à Genevilliers est complètement extraordinaire. Oui pratiquer Montessori à la maison entraine la difficulté du manque d'émulation et oui cet élément est important dans cette approche.
      Cependant, Céline Alvarez n'a pas, je pense, pratiquer l'IEF en mettant en place cette pédagogie à la maison. Et je pense que nous sommes nombreuses à pouvoir témoigner que c'est quand même globalement assez viable comme approche en IEF :D
      Je pense même pouvoir dire (suite à l'inspection d'une amie "lynchée" par son inspectrice car elle pratique MOntessori) qu'il y a moins de freins à sa mise en oeuvre à la maison que dans l'éducation nationale :D (et je ne suis pas sure que Céline Alvarez me contredirait...)
      Je ne vais pas argumenter ici sur l'apport des activités de vie pratique sur plateau VS les activités spontanées faites dans le quotidien. Ca me redonne juste envie de finir l'article commencer à ce sujet pour mon blog et jamais achevé... Cependant, Clotilde souligne un point important : l'importance de la répétition. J'ajouterai simplement que le but de l'activité n'est pas la finalité (boire, dans le cas cité) mais l'action en elle-même.
      Les éléments clefs de la pédagogie Montessori parmi lesquels l'environnement préparé, l'observation, la recherche d'autonomie, le respect des périodes sensibles, l'importance du concret et le passage progressif à l'abstrait, le fait d'isoler les difficultés , la nécessité de manipuler, la stimulation de l'ensmeble des sens, la recherche de la concentration, la catégorisation, etc. etc. tout cela me semble aussi essentiel à la maison qu'à l'école.
      De plus, lorsqu'on décide de poursuivre en Montessori au-delà du 3-6, nous allons nous appuyer sur ce que l'enfant a absorbé. Par exemple, le jour où l'enfant travaillera sur les identités remarquables, il réutilisera le cube qu'il a fait, et refait, dans la boite, hors de la boite, les yeux bandés. Il l'aura tellement "en lui" que les identités remarquables lui paraitront évidentes ! Même s'il l'a fait et refait en IEF plutôt qu'à l'école.
      (Oui ok j'avais dit que je répondais sur un point unique, et finalement j'ai fait une tartine, désolée)

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    3. ... n'a pas pratiqué...
      ... l'article commencé...
      Pfiou, il est temps que j'aille me coucher...

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  9. Je pratique un mix en fonction des intérêts de mes enfants, tout en essayant de m'assurer qu'ils acquièrent les compétences "scolaires" pour être sure qu'ils ne manquent rien en restant à la maison. Les carnets d'évaluation de l'éducation nationale étant d'un niveau à pleurer, je ne suis pas très inquiète sur ce point.
    L'avantage du matériel montessori est d'avoir toutes les activités à disposition lorsqu'ils ont envie d'en pratiquer une en particulier. Je mets aussi à leur disposition les cahiers schoolzone (big workbooks, en anglais). Je trouve qu'ils progressent d'autant plus vite qu'ils ont à disposition de quoi nourrir leur curiosité. J'utilise les tablettes de schoolzone uniquement pour les longs trajets, ils peuvent jouer sur un ipad au "bonheur de lire" de temps en temps (ils aiment beaucoup mais les écrans énervent très vite).
    Je suis aussi d'accord avec Clotilde sur l'intérêt de Montessori pour apprendre à mes jumeaux bagarreurs à travailler ensemble, à respecter le travail de l'autre et à ranger.
    Bien sur, c'est surtout l'idée d'apprendre à l'enfant à être autonome qui importe, que ce soit en remplissant son verre à table ou avec du matériel spécifique.
    Nous privilégions aussi les langues, parceque les apprentissages formels tels que la lecture peuvent très bien être acquises après 7 ans, alors que les langues doivent être développées avant.

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  10. je n'ai pas lu ce livre mais ça m'intéresse fortement, j'ai fait l'IUFM (formation d'instit à l'époque) et je ne me suis pas du tout sentie formée en sortant.
    je pense que Maria Montessori ont un contexte similaire, d'enfants "difficiles" car différents de l'élève modèle pour qui les curiculums sont imaginés.
    Effectivement quand on a la chance de pouvoir faire l'école à la maison dans de bonnes conditions c'est une toute autre histoire et les besoins sont différents.

    alors je pense que je suis classique pour le moment, j'aime beaucoup l'idée de Charlotte Mason, mais n'ayant pas encore vraiment plongé dans ses écrits je n'en fais que ma petite version, avec les infos glanées ici et sur le podcast "delectable education".

    Et je noterais aussi que le "traditionnel" américain est extrèmement pauvre, je pense que si on continue sur la lancée actuelle de réforme du collège et autre on va finir par en arriver là en France aussi.

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  11. Bonjour,
    j'avoue que je ne comprends pas cette phrase : "Les américains distinguent généralement cinq styles de homeschooling." Auriez-vous des sources ou des liens vers des sites qui répertorient ces 5 méthodes et uniquement celles-ci ? Merci beaucoup par avance. Anika

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    1. Bonsoir Anika!
      Par ici par exemple: http://midwesthomeschoolers.org/five-flavors-of-homeschooling/
      mais cette distinction de cinq "styles" de homeschooling se retrouve sur presque tous les sites/blogs/groupes anglophones. :-)

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    2. Je vis aux Etats Unis et je confirme la classification des styles. Voici un site qui pourrait etre utile:
      http://edsnapshots.com/guide-to-homeschool-methods/

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  12. Bonjour,
    Moi ce que je ne comprends pas c'est à quoi correspond l'informel ?
    Vous mettez que ce n'est pas le Unschooling .Moi je pensais que c'est justement cela le "informel".Mais c'est un détail.Ici c'est aussi CPC formule complète comme dit Crapeau Chameau , parfois remixé avec d'autres supports .
    Martine42

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    1. L'informel, on en fait tous, tous les jours. Ce sont tous les apprentissages de la vie, tout ce qu'on découvre juste en vivant. Un enfant apprend à parler et à marcher en informel par exemple, c'est à dire en s'imprègnant de son environnement.
      Et le formel c'est tous les apprentissages "cadrés", qui suivent une progression, avec des leçons.

      En France la confusion entre unschooling et informel est courante. Pourtant John Holt fait clairement la différence: si l'informel tient une place centrale dans le unschooling, le formel y a aussi sa place! Si un enfant en unschooling demande à faire de la danse classique ou des cours de piano, il fera du formel. S'il décide de demander à un adulte de lui donner des cours de physique ou des leçons de conduite, il fera du formel aussi.
      On le voit d'ailleurs très bien à Summerhill: certes les enfants sont libres de participer ou non aux leçons "formelles", mais il y a bien du formel!
      En fait la condition pour que ce soit du unschooling, c'est que cela parte de la demande de l'enfant. Qu'il ne subisse pas son instruction mais qu'il soit moteur, que l'apprentissage naisse de sa demande à lui :-)

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  13. Bonjour, j'ai envie de rebondir sur cette remarque "faire les activités en vrai " et sur les réflexions autour de l'inutilité des activités de Vie Pratique montessoriennes.
    Tout d'abord, je me présente : je suis maman de 4 enfants, enseignante de l'EN (Lettres Classiques, quand cet intitulé voulait encore dire quelque chose, mais là n'est pas le débat du jour...) de formation, éducatrice Montessori 3-6 et 6-12 (formée à La Source), ai pratiqué l'IEF depuis la naissance de mes enfants.
    Notre IEf a évolué au fil du temps : d'abord en Montessori pur (oui, c'est possible à la maison et même très possible en 3-6, cela devient plus compliqué en 6-12 dit "âge des pairs" où le groupe prend une place plus importante), puis en école Montessori hors contrat où j'enseignais pendant deux ans, puis retour à l'IEf et une année de unschooling complet, et cette année, riche de toutes ces expériences nous essayons de créer notre prore chemin, notre "uschooling" comme j'aime à l'appeler ;-)
    Bien que m'étant éloignée de la passion fervente (et quelque peu excessive je l'avoue) de mes débuts avec la pédagogie Montessori, je ne peux que déplorer la totale méconnaissance de cette pédagogie : sa soit-disant vulgarisation depuis quelques années a donné lieu a tellement de dérives...
    Cette pédagogie, élitiste pour les uns, vieillotte et désuète pour les autres, sans oublier ceux qui la trouvent trop rigide, est revendiquée et utilisée par tout un chacun depuis quelques années ; il n'y a qu'à en juger par les simulacres de matériels et manuels dit " montessoriens " en tous genres, qiu agressent l’œil de quiconque franchit aujourd'hui une librairie pour se rendre au rayon jeunesse ou éducatif...
    Mais peu sont ceux qui la connaissent vraiment et en perçoivent le sens profond et le regard si particulier qu'elle pose sur l'enfant...
    Je ne cherche à convaincre personne, je l'ai moi-même grandement délaissée depuis quelques années (et d'ailleurs m'en mords un peu les doigts sur certains aspects et tend à y revenir de plus en plus, par une entrée plus libre, c'est en réflexion...) mais je trouve tellement regrettable qu'on lise tant de choses sur la toile qui manifestent une grande méconnaissance du sujet...
    Pour illustrer mon propos, je prend pour exemple mon expérience avec la pédagogie de Charlotte MASON : j'ai lu ses livres en anglais et tes traductions simplifiées (fort bien faites et agréables à lire par ailleurs ;-) et certains aspects me parlent très profondément, surtout à la latiniste et linguiste qui se cache en moi : narration, living books, étude de la nature, léçon de choses, sont des pratiques que je vise à inclure dans notre IEF. Sur d'autres points, je trouve cette pédagogie trop rigide, voire coercitive mais je ne m'étend pas sur ce sujet car je ne suis pas formée et sais à quel point il est possible de passer à côté de l'essence vraie d'un texte et que c'est l'expérimentation qui permet de comprendre la valeur d'une pédagogie.
    Avant de me former à la pédagogie Montessori, je pensais moi aussi que mes enfants ancrés dans le réel et accompagnés, n'avaient pas besoin de simulacre d'activités qui me semblaient futiles et hors de propose ; et je mesure désormais l'écart qu'il y avait entre mes convictions personnelles et la profondeur de la réflexion de cette femme admirable sur les besoins profonds des enfants en terme de construction intérieure.
    A SUIVRE (limite de frappe atteinte) !!!

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  14. SUITE : Et c'est par l’expérience que je parle : mon fils aîné a vécu de ses 2 ans à ses 8 ans un parcours montessorien pur et à l'aube de ses 11 ans je prends conscience de toute l'ampleur de la richesse que son parcours et de tout ce que cela en construit en lui de profond et de durable pour la suite de son parcours. Il possède une volonté et une discipline intérieure que je ne vois pas à l’œuvre dans mes enfants de 8 et 5 ans avec lesquels le parcours a été tout autre, plus libre et informel.
    Et je suis intimement persuadée que toutes ces activités de transvasements, de vie pratique et autres ont contribué d'une manière forte et extraordinaire à la construction de sa volonté et de sa discipline intérieure, même si je suis bien incapable de mettre des mots sur ce processus invisible...
    Il y a un manque de base, de force intérieure chez mes autres enfants et j'en suis aujourd'hui à un stade de réflexivité sur ma pratique et je ne sais pas bien quel cadre poser à mes enfants depuis le visionnage d’Être et Devenir notamment, qui a bouleversé toutes mes convictions. Je tâtonne et je cherche, mes enfants en font les frais, bons ou moins bons, nous cheminons ensemble sur ce chemin de vie parfois caillouteux mais tellement riche et j'espère un jour avoir suffisamment de réflexion et de recul pour pouvoir transmettre et partager, de façon écrite peut être, cette expérimentation éducative.
    Pour en revenir à nos moutons, sans formation (et même parfois avec) il est impossible de comprendre la profondeur de ces petits gestes mais je ne peux que dire que je touche du doigt quelque chose de tellement plus grand et constructeur qu'il me semble indispensable de ne pas intervenir ici pour partager mon grain de folie avec vous, mamans IEF en réflexion !!!
    Au final, peut-être bien que formel ou pas, Montessori, Freinet, Reggio, Mason, Unit Study et Cie.. l'important est ce que l'on est et ce que l'on cherche à donner de mieux à nos enfants qui sont tous si différents et uniques... Je continue de chercher et de tâtonner alors merci pour ce genre d'article qui me donne envie de sortir de ma léthargie bloggesque et de partager !!!

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