vendredi 27 novembre 2015

Dossier sur Noël- French Christmas free printable

Je m'y prends tôt cette année pour préparer les activités de décembre, qui arrive à grands pas.
Ce dossier d'une vingtaine de pages est terminé, je le partage avec vous en espérant qu'il plaise à vos petits.
Je l'ai conçu comme les précédents, en pensant à mon petit homeschooler de 5ans qui a des difficultés en graphisme, et que je cherche à amuser pour qu'il progresse.
Néanmoins je sais qu'il amusera beaucoup mon grand de 6 ans, et que la petite de 3ans pourra en réaliser une grande partie avec mon aide. Comme d'habitude, le dossier parcourt plusieurs facettes de la fête de Noël: de la naissance de Jésus au repas du réveillon, en passant par l'inévitable père-Noël et ses cadeaux...

Enjoy! Amusez-vous bien!


Le dossier est téléchargeable ici:


Plus de fichiers à imprimer:

jeudi 26 novembre 2015

Ecole à la maison: comment sauter le pas?

Chaque semaine je reçois une quantité impressionnante de mails. J'essaie de répondre à un maximum de messages, mais malheureusement le quotidien bien chargé d'homeschool mum prend souvent le dessus et certains messages "passent à la trappe"; je m'en excuse sincèrement. Parce que vos interrogations sont souvent les mêmes, trois personnes m'ont autorisé à publier ici leurs questions afin que j'y réponde et que vous vous sentiez peut-être moins seuls avec vos angoisses. C'est parti!




Vos enfants étaient-ils d'accord à 100% ou y-a-t-il eu des réticences de leur part?
Nous avons commencé lorsque mon fils avait quatre ans. Il était emballé à cette idée. Nos voisins faisaient l'école à la maison donc ce n'était pas un saut vers l'inconnu; je pense que cela nous a tous beaucoup rassurés. Les plus petits, qui ne sont jamais allés à l'école, sont très intrigués lorsque nous passons devant une cour de récréation. Je leur demande parfois s'ils aimeraient y aller mais pour l'instant c'est un non catégorique. Vu de l'extérieur ils trouvent ça trop bruyant, ils ont peur de manquer de temps... et l'un de mes fils est terrifié à l'idée d'y attraper des poux (les panneaux "alerte aux poux" sont presque systématiques devant les écoles)! 

Tu ne doutes jamais?
Tout le temps! Je suis sans cesse en train de réfléchir à comment présenter tel sujet pour qu'untel comprenne mieux. Il m'arrive de me demander si nous avons fait le bon choix, parce que ce n'est certainement pas le plus "facile" dans la société actuelle. Mais au final, quand je doute, leurs progrès et leur joie de vivre sont la meilleure des réponses.

Nous n'arrivons pas à franchir le pas... Peur des réactions de l'entourage, nous habitons à 500m de l'école et avoir des remarques dès que l'on croisera un parent d'élève me semble difficile à supporter pour moi et les enfants dans la durée... Comment avez-vous pris votre décision? 
En voyant notre aîné en souffrance. Nous avons juste pris du recul: 
-il n'est pas acceptable qu'un enfant de quatre ans soit aussi malheureux à l'école. 
-il n'est pas acceptable de voir sa curiosité s'éteindre de jour en jour. 
-il n'est pas acceptable qu'il progresse aussi peu sur le temps scolaire et autant durant les grandes vacances. 
-il n'est pas acceptable qu'il rapporte à la maison des cahiers remplis d'âneries et des avant-bras couverts de morsures.
Partant de là, l'avis et le regard des autres... cela devient totalement accessoire. 


Comment avez-vous géré les réactions parfois négatives de l'entourage, tant au niveau de la famille que du voisinage?
Ca a été une belle surprise! 
Les réactions ont été vraiment positives lorsque nous l'avons annoncé. Deux copines enseignantes l'ont pris comme une attaque personnelle et ont coupé tout contact, mais sinon nous avons plutôt eu des encouragements très sympas. Une ou deux fois par an j'essuie des remarques désobligeantes venant d'inconnus ("vous voulez les garder pour vous, c'est égoïste", "et les services sociaux ne vous disent rien?", "dire que tant de gens se battent à travers le monde pour avoir une éducation, vous vous crachez dans la soupe", "vous n'avez pas peur pour leur avenir dites-donc!", "vous voulez jouer à la maîtresse en fait?"...). Je passe vite à autre chose: le monde compte assez de personnes passionnantes et ouvertes d'esprit, il serait dommage de s'attarder avec les autres. 

Comment faites-vous pour tout ce qui concerne le "roulement" de la maison ? les courses, le linge, la cuisine, les rdv (para)-médicaux pour chacun, le temps de s'organiser préparer les activités le matériel etc...?? 
Hum... sujet hautement sensible. 
Faire l'école à la maison c'est plus de bazar, plus de repas et plus ménage... et moins de temps libre pour ranger, cuisiner et nettoyer. Dire le contraire serait mentir: ma maison était beaucoup plus propre et rangée avant! Un jour j'aurai une belle maison impeccable... mais elle sera vide de fou-rires, de petits pas qui trottent sur le plancher et de concours de quatre-pattes dans les escaliers. Tout cela passe tellement vite: j'ai juste envie d'en profiter plutôt que de passer ma vie à faire les courses et le ménage pendant qu'ils sont à l'école, pour ensuite m'énerver après eux le soir parce qu'il faut vite finir les devoirs. 

Mais même si j'ai appris à ne plus être maniaque, j'essaie de m'organiser au maximum pour garder la tête hors de l'eau:
-je me fais livrer les courses. 
-je n'ai pas de plaisir à cuisiner, donc je délègue volontiers (vive Picard!)
-concernant le linge, chacun a son panier et son jour de lessive. J'aide les deux petites de trois et cinq ans bien sûr, mais tous les autres sont autonomes (dès 7 ans on est cap' de gérer son linge, les garçons sont même assez fiers de s'en occuper eux-mêmes). 
-les enfants qui ont des corvées s'en sortent mieux dans la vie. Ca tombe bien parce que sinon sans femme de ménage je ne peux pas m'en sortir! En plus des chambres (chacun est responsable de la sienne), nous avons tous des corvées. La répartition des tâches a été décidée en commun, selon les capacités et les préférences. Le tableau est affiché sur le frigo: chacun connaît son rôle, même le bébé!
-les rdv médicaux: je sacrifie une journée début septembre pour les check-ups complets, éventuels vaccins et innombrables certificats sportifs. Ils sont très rarement malades mais quand cela arrive mon généraliste vient à domicile. Si j'ai besoin d'un rendez-vous médical pour moi, je fais garder les enfants. 

Avez-vous du temps juste pour vous ? 
Pas assez! Mais je suis heureuse, très heureuse. J'ai moins de moments "pour moi", mais je les apprécie beaucoup plus. J'ai un mari, des parents et une baby-sitter formidables. 


Avez-vous fait l'école à la maison tout en étant enceinte ? Cela me paraît difficile de tout gérer, et la fatigue ?
Oui, pour la grossesse de la petite dernière. J'ai des grossesses assez épouvantables, j'étais donc assez vite alitée. Ca a été une période plus "lente" au niveau du homeschooling, mais nous avons avancé tout de même. Ils travaillaient et dessinaient sur la table basse, et je profitais des après midis libres pour faire la sieste. Je pense même qu'enceinte le homeschooling est moins fatiguant que les conduites école-maison quatre fois par jour. 

Vos enfants coopèrent-ils tous naturellement ? Comment gérez-vous les moments où la motivation est moins grande, où chaque leçon génère conflit et discussion ? Comment gérez-vous les susceptibilités de chacun, et votre propre fatigue/lassitude/énervement...?
C'était ma grande angoisse: l'enfant qui ne veut rien faire, qui veut rester au lit toute la journée. Mais je n'ai pas du tout ce problème. Ils sont tous, tous les jours, à 9h sur le canapé pour le récit et la narration qui débutent chaque matinée de travail. Il est déjà arrivé que "ça ne passe pas" mais ça arrive de moins en moins depuis que nous avons une routine avec une grande diversité de matières: s'ils bloquent complètement sur la conjugaison, on passe de toute manière assez vite à autre chose donc ils n'ont pas le temps de se braquer. 


Et vous, quelles sont les questions que vous vous posiez? 

mardi 10 novembre 2015

Pourquoi l'école n'est pas adaptée aux garçons

On parle beaucoup des filles, de leur trop faible représentation dans les filières scientifiques, de l'inégalité des salaires... Mais en dehors de Brighelli, qui parle des garçons et des difficultés qu'ils rencontrent?

80% des élèves de classes-relais sont des garçons, ainsi que les trois quarts des jeunes orientés en filières professionnelles adaptées. Les filles sont 69% à obtenir un bac général, contre 58% des garçons, et elles y obtiennent les meilleures notes.

C'est un simple constat: en France, l'échec scolaire se conjugue au masculin.


Pourquoi? 

On sait aujourd'hui que plus un corps enseignant est féminisé, plus les garçons sont en échec scolaire. Si les garçons qui ont atteint le bac parviennent à faire des études plus longues, c'est tout simplement parce que la part de professeurs masculins augmente considérablement au fil de la scolarité.

Le problème n'est pas que ce soit une femme qui enseigne à un garçon. Le problème est que l'école française est faite par les filles et pour les filles. Les garçons, dans leur écrasante majorité, ne restent pas assis sagement en attendant la sonnerie. Ils ont besoin de sortir, de courir et de se défouler.

Comment la pédagogie Charlotte Mason peut-elle nous aider à ne pas tomber dans le même piège à la maison? 


De formidables papas me lisent (Hello Rémy, Eric...), mais statistiquement le homeschooling est plutôt une affaire de mamans. Et vous êtes justement nombreuses à me questionner sur Charlotte Mason en pensant que cela convient mieux aux filles férues de littérature et d'observation de la nature. Charlotte Mason insiste au contraire énormément sur les besoins des garçons:

Du temps dehors pour courir

L'école de 2015 est hygiéniste.

Son sol absorbe les chocs, et la taille de ses marelles est normée. Ses rares arbres doivent être assez grands pour qu'on ne puisse pas y grimper. C'est sans aucun doute la plus terrible carence de l'école moderne.

 J'ai vu récemment une école se construire dans une des plus belles vallées de France. On a bétonné des champs magnifiques avant de monter tout autour un grand mur de fer. Là où il y avait une faune et une flore passionnantes, il n'y a aujourd'hui plus que du bitume bariolé avec vue sur la cantine et ses oeufs en tube. Pourquoi? On vous répondra que c'est pour la propreté: laisser le champ comme cour de récréation, vous n'y pensez pas: les enfants rentreraient en classe avec de la terre sous les chaussures!

Dans la pédagogie Charlotte Mason le temps en extérieur est une priorité. Il a autant d'importance que la leçon de conjugaison.Les enfants en bonne santé grimpent aux arbres. Ils ont les joues roses, les ongles noirs et de la terre sous les chaussures. C'est primordial pour tous les enfants, et encore plus pour les garçons qui ont absolument besoin d'espace pour courir et se défouler.

Pas de "maternelle"

CM recommandait de ne pas commencer l'instruction de l'enfant avant 6 ans. Les garçons sont souvent un petit peu en "retard" en langage et en motricité fine. Commencer le formel à six ans leur laisse le temps d'enrichir leur vocabulaire et d'apprendre à être plus précis dans leurs mouvements. Quand ils commencent à écrire, ils sont plus posés et concentrés qu'à trois ou quatre ans.

Des leçons courtes et variées, sans devoirs du soir

Sachant que les troubles de l'attention et de la concentration touchent surtout les garçons, on ne peut rêver d'un meilleur "traitement". Tout le travail devrait être accompli le matin. Les enfants n'ont pas le temps de faire des devoirs du soir: une bibliothèque entière de livres palpitants les attend!

De la compétition

Par "compétition" Charlotte Mason ne parlait pas d'une lutte sans merci pour qui arrivera premier en collectionnant les 20/20. Elle évoquait plutôt tous ces petits défis personnels que représentent un roman de 600 pages, une narration ou un problème de maths difficile. Il faut voir le sourire d'un enfant lorsque, debout devant nous, il parvient à se souvenir du prénom d'un personnage secondaire. C'est à ça qu'ils carburent, bien plus qu'aux notes!

Des héros!

Les garçons, comme les filles d'ailleurs, ont besoin de se projeter et de rêver. Si l'éducation ne leur fournit pas suffisamment de héros "vivants", c'est la publicité qui s'en chargera... à grands coups de pokémons et de spider-man.

Avec la pédagogie Charlotte Mason l'enfant grandit entouré de figures emblématiques. Ce ne sont pas juste des noms sur une frise et sur un polycopié. Héraclès, Jules César, Richard Coeur de Lion, Napoléon...  deviennent pour eux des amis proches, découverts à travers les living books et précieusement consignés dans le livre des siècles.

Des après-midis libres pour faire du sport et pour poursuivre leurs intérêts personnels

Quand les journées sont trop longues, combien de temps vous reste-t-il pour lire, rêver, pratiquer votre sport préféré, apprendre à vous ennuyer, graver un petit morceau de bois, peindre ou inventer une recette? Tout cela n'est possible qu'avec des leçons concentrées sur la matinée. Vous n'avez pas besoin de ritaline quand vous passez trois heures par jour dans la boue à courir après un ballon.