jeudi 22 juin 2017

12 astuces pour organiser un road trip en famille

Charlotte Mason estimait qu'il n'existe que deux manières de s'enrichir en dépensant son argent: en achetant des livres, et des voyages. Comme elle avait raison!

Au fil des années nous avons pas mal baroudé. Les grossesses et les bébés ne nous ont jamais empêché de bouger, au contraire. Et plus le temps passe, plus nous privilégions la formule "road trip", pour sa richesse et son côté "aventure". Voici nos trucs et astuces pour voyager: n'oubliez pas de partager les vôtres!


1. Jamais... jamais... de "voyage organisé"

Nous avons fait l'erreur une fois, pour la Chine, du voyage organisé. Si cela correspond aux attentes de certaines personnes, je suis profondément allergique au concept. . Payer plus cher pour partir entre français et courir toute la journée de musée en musée derrière un guide affublé d'un drapeau avant de monter en bus direction l'étape suivante... Pour tout vous dire c'était tellement peu nous que nous nous sommes échappés! Ce n'est pas ça, voyager.
Voyager c'est se perdre dans un dédale de ruelle et galérer pour demander son chemin, rencontrer des gens différents de soi, manger avec les locaux, flâner au marché, prendre le train sans être tout à fait sûr de ce qui est écrit sur le billet... Ca c'est l'aventure!

En bref: un bon road trip est un road trip qui vous ressemble. Il y aura des loupés, forcément, mais ce sont eux qui rendront votre voyage inoubliable.

2. Trouver l'inspiration

Allez faire un tour sur le site de roadtrippers, il donne plein d'idées de chouettes itinéraires.

3. Les billets d'abord


Pour les destination lointaines, commencer par les billets d'avion. C'est le plus gros budget, je construis donc systématiquement le voyage en fonction des billets que je trouve. Je cherche les bons plans, j'évite les destinations à la mode, je privilégie le hors saison... Une fois la bonne affaire dénichée, je prends quand même le temps de vérifier des formalités de visa et je regarde rapidement le prix moyen de l'hébergement sur place (Camping sauvage légal? Prix des hôtels?...) avant d'acheter sans trop traîner car les prix des billets d'avion varient extrêmement vite.

4. L'itinéraire

Une fois les billets trouvés, je trace l'itinéraire sur google map, en tentant de passer par un maximum de points d'intérêts sympas. J'évite de prévoir de la voiture le premier jour quand il y a un décalage horaire important et je compte un maximum de 2h30 de voiture par jour en moyenne. Ce qui signifie que toutes les journées sans voiture sont compensées par des journées avec plus de route. Pour décompresser je prévois généralement une journée sans voiture par semaine, que je cale sur un très bel endroit où du coup nous restons deux jours.

J'essaie de ne pas passer deux fois au même endroit: les arrêts culturels et les points d'intérêt sont faits "sur la route" et non en partant d'un hôtel pour y revenir ensuite. Ne pas trop charger les heures de voiture permet de s'adapter et de rester mobile: en cas de pépin on peut facilement rattraper le fil.

5. Hôtels et campings

Quand l'itinéraire est fixé, avec des choses intéressantes à faire tous les jours, je réserve les hôtels ou je note les campings sur lesquels je prévois de m'arrêter. J'évite comme la peste les hôtels touristiques ou les campings avec toboggans aquatiques/animations/spectacles musicaux/miniclub... A nous les petits campgrounds sauvages et "nature": pouvoir faire griller nos saucisses en plein air et papoter le soir au coin du feu avec nos voisins de tente est le seul luxe auquel nous aspirons!

6. Carnet de voyage

Je rédige un petit carnet de road trip, avec le programme de chaque journée, et toutes les infos importantes: kilométrage à parcourir, numéros de réservation, adresses des points d'intérêt, où se ravitailler avec les horaires des magasins (c'est tout bête mais on peut perdre un temps fou à chercher à manger quand on est dans un environnement inconnu!), prix des entrées...
Je note aussi quelques plans B au cas où tel camping sans réservation serait complet...
C'est aussi dans ce carnet que je note toutes les infos culturelles intéressantes sur les lieux que nous visiterons (spécialités locales, personnalités, anecdotes...). J'imprime autant de carnets que de voyageurs: comme ça les enfants peuvent suivre le programme!

7. Partir léger!

Je pars lé-ger, même (surtout!) avec des bébés. Oui, c'est difficile mais plus on emporte de barda moins on est mobile. L'idée étant de partir avec un sac à dos par personne. Partir avec très peu d'affaires, c'est aussi se recentrer sur l'essentiel et apprendre la débrouille. Je n'emporte aucun jouet ni "doudou". Les enfants ont juste droit d'emporter un livre chacun (en général, ils prennent leur kindle les petits malins!): de toute manière les avions sont équipés d'écrans avec films et jeux vidéo (quand on a ni TV ni console chez soi c'est tout de suite disneyland!), et ils peuvent lire/jouer à chifoumi/discuter/... dans la voiture.
Je n'emporte pas non plus de siège auto: on achète des rehausseurs sur place et on les donne avant de reprendre l'avion du retour (c'est moins cher que de les louer avec la voiture). Et puis s'il manque vraiment quelque chose, à moins de partir en plein désert, en général on arrive à trouver sur place!

8. La location de voiture

Si la destination le permet j'essaie de la louer sur place. C'est risqué (il peut ne plus y avoir de monospace...) mais beaucoup moins cher. Mais je ne cherche pas trop à économiser sur la location de la voiture. Les grosses compagnies sont plus fiables (hertz, avis, budget...) et nous avons eu trop de mauvaises surprises avec les petits loueurs (frais rajoutés à la dernière minute parce qu'il était écrit en tout petits caractères que telle assurance est obligatoire; roue de 4x4 sous gonflée qui crève en plein milieu d'une tempête de neige en Islande;...). J'essaie aussi de prendre des voitures confortables: un road trip impose pas mal d'heures de route, sur des pistes parfois caillouteuses et je vous assure que le canada en Dodge on l'a vraiment plus apprécié qu'en petite Kia quelques années auparavant.

9. Télécharger un GPS hors ligne

Beaucoup moins cher que de louer ou d'acheter un gps sur place: télécharger une application GPS hors ligne. On utilise copilot.

10. Acheter une glacière sur place

Quand on part l'été c'est presque indipensable. Ca permet d'acheter des saucisses et de garder une bouteille au frais pour le feu de camp du soir! De manière générale, essayer d'éviter de manger au restaurant: cela explose le budget vacances. Privilégier les pique-niques simples (pain, crudités, fruits...), et se nourrir de produits locaux.

11. Equilibrer le voyage

Quand on part en famille, il faut faire en sorte qu'il y en ait pour tous les goûts. Pour chaque destination je demande à chacun s'il a un souhait, une visite qui lui tient à coeur, et dans la mesure du possible j'intègre les désirs de chacun au road trip familial. Afin que ceux qui aiment l'histoire aient leur dose de champs de bataille à visiter, que les randonneurs aient leurs grandes marches et que les petits aient une journée un peu plus "fun" pour décompresser.

12. Déconnecter!

Oublier les cahiers, éteindre les smartphones, mettre la musique (locale) à fond dans la voiture et profiter d'être ensemble!


Et vous, quelles sont vos astuces pour partir en road trip en famille?

lundi 19 juin 2017

Année 2016-2017: l'heure du bilan!

Ca y est: entre la chaleur et la fatigue, nous avons rangé les chariots d'étude (ces fameux chariots qui nous servent de cartable, d'étagère et de papeterie!). L'heure des grandes vacances a sonné: à nous la plage avant les touristes, les grandes balades en forêt et les pique-niques entre amis!

C'est aussi l'heure, comme chaque année, de faire le bilan de ce qui a marché et de ce qui mérite d'être repensé.

Pour notre sixième année de homeschooling j'avais un cm2, un ce2, une cp, et une petite puce de 4ans en septembre qui a commencé en GS et fini en CP.

Je remarque surtout que plus les années passent, plus elles sont chargées! On m'avait certifié que plus les enfants grandissent, plus ils sont autonomes et plus on a de temps libre... je constate tout l'inverse! D'ailleurs je n'ai plus une minute pour entretenir ce blog! Certes les enfants sont plus autonomes, mais ils font aussi beaucoup plus de choses. Nous sortons dix fois plus, nos randos sont bien plus longues, nos voyages plus péchus, les programmes d'étude sont eux aussi de plus en plus chargés... sans parler de toutes nos heures de sport et des compétitions des uns et des autres... On n'arrête pas! Fort heureusement le homeschooling nous permet de ne jamais avoir de devoirs le soir et le week-end, ce qui nous permet de garder assez de temps pour lire, jour, discuter, cuisiner...

Je n'ose même pas imaginer ce que seraient nos soirées s'il y avait en plus le stress des devoirs!

Pour les petites

C'était leur toute première année d'instruction à proprement parler. Jusqu'ici elles étaient en unschooling, c'est à dire que nous favorisions le bain culturel mais qu'elles étaient totalement libres de venir étudier ou non. Elles n'avaient pas d'obligations liées à un programme fixe, pas d'attendus "scolaires".

Mais en septembre, comme pour les aînés au même âge, j'ai imposé une routine à la grande de six ans. La plus petite a suivi. D'une part parce qu'elle a toujours vécu comme un intolérable affront d'être considéré comme plus petite que les autres, et d'autre part parce qu'elle était la dernière: il ne restait aucun autre enfant avec lequel jouer pendant que les autres étudiaient. Alors malgré ses 4 ans et tous mes principes sur le "pas avant 6 ans"... elle a suivi la dynamique du groupe. Je lui avais pris une année de grande section Sainte Anne, plus pour l'occuper qu'autre chose. Une fois l'année de grande section finie (en novembre) nous sommes passés au CP. 

Comme pour les deux aînés j'ai remplacé le livre de lecture des cours Sainte Anne car je trouve le "petits pas" vraiment rébarbatif. Attention: la méthode en elle même est excellente, c'est du syllabique pur, la progression est bien pensée... mais le manuel est tellement sec! Pas de personnages auxquels s'identifier, pas de beaux dessins pour rêver ni de petits contes à découvrir... 

Nous avons donc préféré travailler avec Mico mon petit ours. Il n'est plus édité, mais il est imprimable gratuitement sur l'excellent site des manuels anciens. C'est à ma connaissance la seule méthode syllabique qui s'apparente à un living book: dès la première page l'enfant plonge dans un vrai roman. Il s'attache aux personnages, suit leurs aventures, découvre les contes de fées racontés par la grand mère au coin du feu... C'est vivant!

Au rythme d'une double plage par jour, et sans négliger l'apprentissage de l'écriture en parallèle, la grande de 6 ans savait lire à Noël et la plus petite en février. Aujourd'hui la grande dévore les gros romans. La plus petite en revanche lit encore tout doucement (des Emilie, de petits mangas...). 

Grâce au français des cours Sainte Anne nous avons commencé l'analyse (verbe, nom commun/propre, féminin/masculin, singulier/pluriel, adjectif qualificatif, article défini/indéfini...) et la conjugaison (être et avoir au présent). 

Côté calcul pas de changements: nous avons continué avec la méthode Singapour, ancienne édition (beaucoup plus riche que la nouvelle édition conçue pour l'éducation nationale). Nous avons encore pas mal de travail à l'oral sur la confusion entre 70-80-90 (par exemple 71 est encore parfois prononcé "7 dizaines et un" ou "soixante dix et un". Ah, si seulement nous étions belges ou suisses!). Du côté de ce qui fonctionne elles savent résoudre de petits problèmes, maîtrisent les additions et soustractions jusqu'au millier, avec des retenues. Elles connaissent la notion de pair/impair, et savent trier des nombres avec les signes < et >. 
Elles ne font pas encore de géométrie (je commence en CM1). 

L'an prochain, pour le ce1, nous continuons avec les cours Sainte Anne. Avec cinq et six heures de sport par semaine, elles continueront la voile, la danse classique et la natation. 

Pour les deux grands

L'année a été sportive et studieuse! 
L'un comme l'autre sont très actifs dans plusieurs clubs (karaté, water polo, voile, natation). Ils sont à plus de dix heures de cours de sport par semaine, sans compter les sorties vélo/running/natation du week end. Il y a quelques années cela m'aurait paru énorme pour des enfants de huit et dix ans mais aujourd'hui je constate qu'ils en ont besoin, et que c'est même un minimum, surtout quand c'est bien réparti sur la semaine. 

Mon fils de 8 ans suivait un ce2 Sainte Anne. Je me bats encore quotidiennement sur l'écriture et sur la lenteur. C'est duuuuuur, c'est avec lui que je passe 90% de mon temps (heureusement que les autres sont autonomes!), mais petit à petit, il progresse. Le grand pari de l'an prochain sera de le faire travailler efficacement seul beaucoup plus souvent. 

Le grand de 10 ans a terminé le CM2 Sainte Anne. Il est presque trop autonome, étant donné que je suis très prise par le petit frère. Il a aujourd'hui de bonnes bases: tout ce travail en valait la peine! Nous aurions pu continuer avec les cours Sainte Anne, qui proposent une sixième et bientôt une cinquième, mais nous avons décidé de passer chez Hattemer. Nous avons juste envie, après six ans de Ste Anne, de changer de système pour le collège. D'autant plus qu'Hattemer propose une option anglais bilingue, avec le passage du KET à la fin de l'année (examen  de Cambridge), ainsi que du Chinois dès la sixième. 


Ce que nous gardons l'an prochain: les narrations!!! Elles permettent de se mettre dans une ambiance de travail: c'est c'est un rituel que nous apprécions tous énormément.  Nous continuons le rythme sportif qui nous plaît bien à tous, ainsi que toutes nos sorties nature, qui sont un véritable bol d'oxygène!

Ce que nous devons améliorer: je dois absolument trouver une routine viable et alléger ce qui peut encore l'être. Pour la première année, aucune routine n'a tenu plus de quelques jours et je me suis retrouvée à chaque fois à me débattre entre les modules des uns et des autres. La masse de travail est énorme: ayant un enfant qui n'a aucune autonomie et qui me demande une attention constante je n'ai pas du tout réussi à faire tourner la machine efficacement. Les dictées Sainte Anne par exemple sont horriblement longues, surtout en ce2 et cm2, et elles mobilisent toute mon attention sur un enfant. Le temps que les quatre dictées soient faites... il est déjà onze heures! Ca ne me laisse pas assez de temps pour écouter les narrations d'histoire, expliquer un nouveau concept de maths, aider en analyse, écouter la lecture des petites...
Bref: on l'a fait mais ce fut tellement la course que nous n'avons pas réussi à "sortir" des cours. A part pour le cp, qui est un niveau que je connais maintenant sur le bout des doigts... nous sommes restés trop collés aux modules. Comme j'aurais aimé avoir plus de temps pour approfondir, pour expérimenter, comme nous le faisions les années précédentes!
Je cherche donc activement une routine qui tienne sur le long terme avec quatre enfants de 5 à 10 ans, et je fais appel à vos bons conseils!  L'idéal, je le sais bien, serait de passer sur un cours conçu pour plusieurs niveaux (donc avec un programme de leçons en commun, comme Ambleside). Mais pour l'instant je tiens à rester dans un système de cours par correspondance, avec des avis de passage qui nous permettraient de rescolariser les enfants sans trop de difficultés. Ce n'est pas la solution la plus confortable, c'est même très onéreux, mais les cours restent assez adaptable et cela m'évite des inspections pénibles. En cas de pépin (maladie, décès dans la famille, voyage imprévu...) les cours par correspondance me permettent aussi de passer en mode "pilote automatique". 

Ce que nous découvrirons: un tout nouveau cours avec Hattemer! 

Et chez vous, que gardez-vous? Que changez-vous? 

vendredi 14 avril 2017

Et sinon, pour l'EPS, tu fais comment?

Le homeschooling intrigue, et je pense que nous avons tous plus ou moins les mêmes questions qui reviennent sans cesse: C'est légal ça? Mais tu n'en as jamais marre d'être avec tes enfants? Tu vas faire ça jusqu'à quand? Et la socialisatiooooon? 

La plus drôle m'a été posée récemment par... une instit (forcément!): "mais pour l'EPS, tu fais comment? J'imagine que tu n'as pas le matériel!". 

Alors si la question est "font-ils bien des parcours entre des plots en plastique et jouent-ils bien à la balle au prisonnier avec un maillot en résille fluo délicatement parfumé aux odeurs corporelles de tout un collège?"...
Hum... non. J'en ai des souvenirs cauchemardesques et je suis convaincue que l'EPS fait plus de mal que de bien: les enfants n'apprennent à l'école aucune vraie discipline sportive. L'idée est juste de les faire se bouger non pas par amour du sport mais juste pour les faire se bouger. Au final, après 15 ans de scolarité ils ont (vaguement) fait un peu de tout mais sans creuser quoi que ce soit. La quasi totalité d'entre eux ne remettra plus jamais une paire de baskets après le bac. Seuls les petits privilégiés qui ont été inscrits dans un club en dehors de l'école ont la chance d'acquérir une réelle maîtrise dans un vrai sport. 

En revanche si la question est "font-ils du sport?"... Oui, bien sûr! Ils ne font pas du sport parce que c'est "au programme" ou "pour se bouger" mais parce que c'est un besoin physique essentiel, pour les tous, quel que soit l'âge.


Le sport en club

Tous les enfants sont inscrits dans deux à trois clubs de sport, selon leurs préférences. Ils font de la voile, de la danse classique, du karaté, de la natation,... 

Je n'ai pas cherché à ce qu'ils fassent tous au moins un sport collectif, et cela m'a été reproché lors de l'inspection (à tort étant donné qu'ils font de la voile. Mais faire partie d'un équipage n'est pas considéré par l'EN comme faire partie d'une "équipe"...parce qu'il n'y a pas de... ballon!). La société valorise aujourd'hui énormément les hyper sociaux, et donc les sports collectifs. Avec la culture de la communication et du commerce il faut être expansif, extraverti... La silicon valley est pourtant saturée d'introvertis qui s'en sortent très bien dans la vie.

Bref: j'estime que chacun est libre d'aller vers la discipline qui l'attire, qu'elle soit individuelle ou collective, du moment qu'elle lui plaît. Et puis à partir du moment où le sport est pratiqué en club l'enfant va forcément nouer des contacts; pas besoin de faire partie d'une équipe de hockey pour ça!

Le running

J'étais convaincue que la course à pied était mauvaise pour les enfants et qu'elle traumatisait les articulations... Et puis j'ai lu Born to Run. Si on m'avait dit qu'un jour un livre sur le running me passionnerai à ce point je ne l'aurais jamais cru! (NB: A ajouter d'urgence à la liste de living books, catégorie sport!). Saviez-vous par exemple qu'il existe un marathon nommé "man vs horse". Oui: une course opposant des cavaliers et des hommes à pied... et les hommes gagnent, parfois, surtout quand le terrain est accidenté et qu'il fait très chaud. Plus la durée s'allonge, plus l'homme a de chances de gagner. 

Bref: l'homme n'est pas cette petite chose fragile vendue par le mythe de Prométhée. Si notre peau est nue c'est pour mieux évacuer la transpiration, et si nous évoluons sur deux pieds c'est pour pouvoir courir très longtemps. C'est bien simple: nous ne sommes ni les plus forts ni les plus rapides, mais nous sommes de loin les meilleurs coureurs de fond du règne animal. Aucune espèce n'est capable de courir aussi longtemps qu'un être humain (...entraîné, non parce que après plusieurs années de chips-canapé c'est même pas la peine d'essayer je pense). D'ailleurs la course à pied est le seul sport dans lequel l'âge n'est pas vraiment un handicap: en running vous pouvez toujours progresser, même à un âge très avancé.

On m'avait aussi vendu dans les manuels d'histoire le modèle de la femme des cavernes, sagement assise auprès du foyer pendant que l'homme, ce gros dur sans peur et sans reproche, partait chasser le gibier sauvage au péril de sa vie. Or le type de fractures que l'on retrouve sur les squelettes des femmes préhistoriques tend plutôt vers un modèle beaucoup plus égalitaire: les femmes chassaient autant que les hommes, elles couraient elles aussi derrière le gibier jusqu'à ce qu'il tombe d'épuisement! Hommes, femmes et enfants couraient de très longues distances chaque jour. 


Et puis j'ai observé les enfants dans la rue: ils courent sans cesse! A partir du moment où ils apprennent à marcher les enfants courent toute-la-journée. Ils n'arrêtent que parce qu'on leur dit de le faire. Une chose aussi naturelle ne peut pas être foncièrement mauvaise pour la croissance.

Mes grands de 8 et 10 ans ont donc commencé à m'accompagner durant mes sorties courtes, très progressivement: deux, trois, quatre puis cinq km, à leur rythme. Les petites suivent en vélo mais la grande de six ans ne devrait pas tarder à s'y mettre elle aussi: il faut bien s'entraîner pour la prochaine spartan race

C'est un sport gratuit, hyper flexible (contrairement aux clubs sportifs qui concentrent leurs cours le mercredi et le samedi), facile à concilier avec le homeschooling, et qui défoule vraiment!

Les jours d'orage

Entre deux vidéos de chatons skateboarders on trouve des choses incroyables sur youtube! Comme... des cours de fitness pour enfant. Ca ne remplace pas le sport en plein air mais c'est juste parfait pour les jours de gros temps. Et accessoirement... c'est en anglais, donc excellent pour mémoriser un petit peu de vocabulaire basique. 
Nos liens testés et approuvés par les petits homeschoolers:
Kids 20 minute Workout

Et vous, "pour l'EPS, vous faites comment?" !

mercredi 5 avril 2017

Ikea flisat hack: ateliers de bricolage autour d'une maison de poupée

Si vos petites aussi sont "accro"aux petits malins, alors vous savez que leurs adorables petites bouilles de hamsters, d'écureuils et de lapins chocolat... sont à peine suffisantes pour faire digérer la note. Les figurines passent encore, mais vu le prix des maisons de la gamme... vivement l'éclatement de la bulle immobilière au pays des sylvanians!

Pour loger tout cet attachant bestiaire nous nous sommes rabattues sur la maison de poupées ikea "flisat": plus écolo, bien plus abordable, et avec un petit peu de bricolage entre filles elle serai au top.


Au programme: 
-les filles ont pris les mesures et ont fait le plan de l'extension: un troisième niveau! La hauteur sous le toit permettait largement d'ajouter un plancher supplémentaire. Elles ont géré cette étape de a à z, en arrivant au rayon découpe du magasin de bricolage avec leur plan, histoire de faire découper une planche de contreplaqué à la bonne taille. J'ai scié une encoche rectangulaire pour le mur central (les petites sont désormais très fières de dire "mur porteur"). Elles m'ont aidée à tracer une ligne avec un niveau à bulles tout autour de l'emplacement du futur étage et nous avons vissé de minuscules équerres pour soutenir le plancher. 

-nous avons tapissé le fond de chaque pièce avec du papier fin et de la colle blanche. Elles ont assuré avec les prises de mesure, l'équerre et les ciseaux! 

-enfin j'ai percé quelques trous dans les planchers pour accrocher les lustres (un bouton de placard, une boucle d'oreille dépareillée et un lustre "maison" en perles et trombones tordus). 

-et voilà, les petits malins ont pu emménager! Il était temps de les mettre à l'abri: il se murmure que les humains sont aux portes du royaume, sur le pied de guerre, et qu'ils veulent s'emparer de l'esprit de la forêt...


jeudi 23 mars 2017

Des mangas vivants pour toute la famille!


Oui, pour moi aussi avant les mangas c'était NO WAY. Des mangas? Ces trucs trashs et vulgaires chez moi? Jamais: plutôt rester enfermée toute une journée en tête à tête avec Najat.

Et puis...
J'ai découvert de vrais petits bijoux, qui m'ont comme souvent fait revoir ma copie. Le manga est un genre littéraire comme un autre: on y trouve de tout. Du vivant comme du sec, de petites merveilles comme des horreurs.

Voici le top 12 de mes petits et grands homeschoolers, à peu près trié par niveau de difficulté croissant!

1- Kamisama, la mélodie du vent


Que de tendresse! C'est LE coup de coeur de ma jeune lectrice de 5 ans. Kamisama fait penser à une sorte d'Alice aux pays des merveilles, version japonaise! La petite Lucie a le don de pouvoir communiquer avec les animaux. On ne sait pas trop si elle rêve ou si elle glisse dans un univers parallèle. C'est très lent, mais les dessins sont empreints d'une poésie remarquable. D'habitude les livres pour les grands débutants en lecture sont très pauvres. Ici les dialogues sont rares et courts, mais tout ce qui n'est pas dit est transmis par la richesse des dessins. Une belle trouvaille pour les petits!

2-Pan-pan panda


Pour les très jeunes lecteurs. C'est kawaï à souhait, mais ma fille de 6 ans a lu les 8 tomes d'une traite. Praline, une  adorable petite fille, vit avec Pan Pan, un panda géant qui se trouve être aussi le syndic de l'immeuble. Ca ne s'invente pas. On découvre toute la vie de la résidence: c'est frais, créatif, doux... On se sent presque comme devant un Miyazaki!

3- Chi


Chi a rencontré un tel succès qu'il a été décliné en petits albums, en romans pour jeunes lecteurs... Mais franchement, c'est dommage: c'est encore dans sa version originale, en manga, qu'il est le plus "riche". Chi est un chaton qui découvre le monde à sa façon. C'est drôle, touchant, les dessins sont très beaux... bref, c'est vivant! (et si vous n'en avez pas eu assez avec les douze tomes de Chi... son cousin Choubi-Choubi prendra le relai!)


4-Nekojima, l'île des chats


Oui, encore des chats. C'est nippon que voulez-vous! L'auteur est le même que celui de Pan-Pan Panda, mais l'univers est très différent. La petite Cathy vit avec ses parents, tous deux vétérinaires, sur l'île de Nekojima... une île uniquement peuplée de chats. Pour ne pas perturber les autres habitants de l'île, Cathy se fait passer pour un chat. Bref, c'est encore un gros coup de coeur de mes filles!

5- Minuscule


On monte d'un cran au niveau difficulté. Jusqu'ici c'était vraiment très axé jeunes lecteurs (4-7 ans). Minuscule est un peu plus complexe, et c'est écrit en tout petit. Hakumei et Mikochi mesurent 9 centimètres et vivent dans la forêt. Elles habitent dans un tronc d'arbre, se déplacent à dos de scarabée et construisent des tentes avec des feuilles de mandarinier... C'est très proche du film Arietty, pour les fans de Miyazaki!

6- Les classiques en Manga


J'ai longuement hésité avant de les leur prendre ceux-là. Je trouve un peu dommage de leur faire découvrir les grands classiques directement en manga. Attention ils sont vraiment très bien faits: les dessins sont superbes, les dialogues ne sont pas "gnangnan"... Mais Heidi en manga ne peut pas rivaliser avec Heidi en roman... Par contre mes enfants ont beaucoup aimé les lire après avoir lu ou écouté la version originale. Je les distribue donc au compte goutte, une fois qu'ils ont découvert l'oeuvre "en vrai". Sauf pour Roméo et Juliette et pour les misérables: j'ai trouvé intéressant qu'ils connaissent l'histoire avant de la découvrir sur scène, en ballet ou en comédie musicale. 

7- La Bible en manga


J'étais sceptique mais c'est une vraie réussite: les 5 tomes sont extrêmement bien faits! Mes deux grands homeschoolers de 8 et 10 ans les lisent et les relisent. 

8- Les grandes théories scientifiques et philosophiques "Soleil Manga"


La collection compte je ne sais combien de tomes, mais alors tout est expliqué à merveille. Nietzsche, Rousseau, Marx, Machiavel, Tolstoï, Confucius... Pour le niveau collège, lycée et au delà: incontournable!


9- Les Misérables


Nous avions déjà la version "les classiques en manga", destinée aux petits. Avec cette collection en 8 tomes on entre vraiment dans le détail. Attention, le public visé n'est pas le même: c'est beaucoup plus sombre! Bref: très bien écrit, remarquablement bien dessiné... c'est un très bel hommage à Victor Hugo!

10- Orgueil et préjugés


Ne me remerciez pas: je vous ai trouvé LE cadeau indispensable pour tous les ados un peu fleur bleue qui vivent, pensent et respirent "Jane Austen", ou qui au contraire sont un peu fâchés avec la lecture de "gros" romans!

11- Pline et Thermae Romae


Une série de très grande qualité sur la vie de Pline l'Ancien, le plus grand naturaliste que l'Histoire ait connu. A réserver aux ados en raison de quelques scènes dénudées un peu limite (Rome antique oblige, mais ça reste "soft"...)

Du même auteur que Pline, Thermae Romae est plus humoristique. 
"Lucius Modestus, un architecte romain de l’Antiquité boudé par la profession décide d’aller se détendre aux thermes. Alors qu’il s’immerge dans l’eau, il se retrouve aussitôt transporté dans le temps et l’espace, atterrissant dans un bain public du Japon contemporain. Ces étranges voyages lui permettent de s’inspirer des inventions japonaises et des techniques modernes pour briller à Rome et s’attirer les faveurs de l’empereur Hadrien." Un vrai régal pour tous les adeptes des voyages temporels et de l'Antiquité! (à réserver aux ados et adultes!)

12-Bride stories


Un grand merci à Mélanie qui nous l'a conseillé!
L'histoire se déroule au xixe siècle dans un petit village d'Asie centrale au sud-est de la Mer d'Aral, sur la route de la soie. Sur fonds de Grand Jeu, le lecteur suit en parallèle les tribulations de Henry Smith, ethnologue travaillant sur les traditions de l'Asie centrale, et accessoirement agent de renseignement pour le gouvernement britannique, et d'Amir et Karluk, un jeune couple autochtone. Le manga débute avec le mariage d'Amir, 20 ans, avec Karluk 12 ans, son cadet et membre d'un clan voisin. Autre village, autres mœurs… La jeune fille, issue d’un clan nomade et chasseuse accomplie, découvre une existence différente, entre l’aïeule acariâtre, une ribambelle d’enfants et bien sûr, Smith, qui tente de se faire aussi discret que possible.

Mais aussi...
En scène! pour les ballerines en herbe (à partir de dix ans je dirais),
La balade de Yaya, en 1937, à Shangaï en pleine invasion japonaise, Yaya et Tuduo se lient d'amitié alors que tout les sépare.
Sacrée mamie (la nouvelle vie à la campagne d'un petit garçon d'Hiroshima confié à sa grand-mère),
Yotsuba (l'histoire d'une petite fille trouvée, dotée de cheveux verts et d'une bonne dose de fraîcheur!),
Happy clover pour les petites lectures "plaisir" (oui, c'est un peu gnan-gnan mais ça reste plus riche que les livres "jeune lecteur" qui pullulent sur les étagères des rayons jeunesse),
Ichiko et Niko, pour toutes les petites filles qui rêveraient de vivre dans un champignon géant et d'avoir pour papa un inventeur.... complètement déjanté!

Et vous, quels sont vos coups de coeur à partager au rayon manga? 

jeudi 16 mars 2017

Elections: les différents candidats et le homeschooling

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MISE A JOUR: 
On en sait un peu plus depuis quelques jours sur les programmes des différents candidats. Le tableau réunit donc enfin tous les candidats à la présidentielle. L'article a fait couler beaucoup d'encre (enfin... il a un peu usé vos claviers). J'ai tenté d'être la plus objective possible, en laissant chacun se faire sa propre opinion. Oui, je suis au courant qu'on élit pas un candidat juste sur son programme concernant le homeschooling, et je ne doute pas un seul instant que vous êtes tous capables de prendre le recul nécessaire. Il n'empêche, connaître nos alliés et nos opposants sur ce sujet nous permettra d'être préparés.

Concernant les sources vous pouvez vérifier absolument toutes les citations: elles sont tirées des programmes, des communications officielles, et du fil tweeter des différents candidats. Si vous avez un doute, google is your friend!

Enfin, Monsieur Mélenchon s'est exprimé plus précisément: il ne compte pas revenir sur la liberté scolaire... tant qu'elle demeure un choix très minoritaire. Et par scolarité obligatoire de 3 à 18 ans il entend "instruction obligatoire de 3 à 18 ans".
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Voici un petit tableau des principaux candidats à l'élection présidentielle, triés par intentions de vote à l'instant où j'écris cet article, et plus bas des plus "petits" candidats. 

Je n'ai retenu que ce qui concerne de près ou de loin le homeschooling et les écoles libres, en me bornant aux faits, de la façon le plus objective possible.

Traditionnellement la France comptait seulement deux partis favorables aux écoles libres et à l'instruction en famille:
-le FN, qui assez logiquement continue sur sa lancée,
-et Europe Ecologie les Verts, qui a lutté sans relâche ces dernières années contre les différents projets d'interdiction de l'école à la maison. Malheureusement ce parti sera absent des élections, ayant scellé une alliance avec Benoît Hamon, du front de gauche.

Nous avons désormais le soutien de deux nouveaux candidats, youhou: welcome Jean Lassalle et François Asselineau!

J'espère pouvoir, dans les prochaines semaines, compléter les cases Emmanuel Macron, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan et Nathalie Arthaud, qui ne se sont à ma connaissance jamais exprimés sur le sujet qui nous intéresse.

Mais nous nous sommes plusieurs familles et associations à avoir écrit à tous les candidats, afin d'en savoir plus sur leurs intentions à l'égard du homeschooling. Vous serez les premiers informés quand nous aurons reçu la réponse!


mardi 28 février 2017

La bonne façon de faire l'école à la maison

J'ai de plus en plus de mal à écrire ici. Tout simplement parce que je sature tellement de tous les articles moralisateurs qui fleurissent ces derniers temps dans la communauté homeschool, que j'ai peur de tomber dans ce travers. 
Mais vous savez quoi? 

La bonne façon de faire l'école à la maison c'est la vôtre. C'est celle qui vous convient, à vous, à votre enfant, et à votre famille. 

Non: vous n'êtes pas obligés de suivre les programmes, de prendre un cours par correspondance, de rescolariser votre enfant à 10 ans, d'étudier 4h30-5j/semaine, de suivre telle pédagogie en vogue ou de tenir un cahier de bord. Vous n'êtes pas non plus obligés de faire un potager si ça vous barbe, ou de tenir un livre des siècles si vous préférez fonctionner autrement. Vous adorez votre tour rose? C'est génial! Vous estimez que tout ce matériel pédagogique ruineux est une vaste fumisterie? Bonne nouvelle: il existe des centaines d'autres façons de s'instruire!

Le homeschooling offre une infinité de possibilités, et c'est ça qui est intéressant. Aucune école n'a une telle liberté, c'est juste incroyable tout ce qu'on peut faire à la maison en terme d'expérimentations et d'innovations. Alors forcément on a tous nos échecs et nos réussites: on tâtonne, et aucune journée de travail ne ressemble à la précédente. Je me suis royalement plantée en mettant le niveau trop haut ou trop bas, ou en optant pour de mauvaises méthodes. Et des erreurs j'en ferai encore! Mais quand quelque chose ne fonctionne pas on cherche des solutions et oui, parfois ça peut passer par un énorme lâcher-prise dans un domaine! C'est ce que j'aime quand je vois les sites des uns et des autres: piocher des idées par-ci par-là, parce que vous êtes tous tellement créatifs! 

Je n'ai surtout pas créé ce blog pour imposer ma façon de faire, mais pour montrer une façon de faire. Pour partager avec ceux qui se sont aussi lancés dans l'aventure, et pour rassurer ceux qui n'y connaissent rien et qui pourraient avoir des préjugés sur ce mode de vie. 

Alors s'il vous plaît, ne vous laissez pas atteindre par ceux qui voudraient vous imposer leur modèle de vie! Continuez d'étudier à votre façon, continuez chaque jour d'inventer votre homeschooling. 

vendredi 13 janvier 2017

Homeschooling et intendance: comment concilier l'instruction en famille avec le ménage, les courses, les rendez-vous...

Quand je parle du homeschooling, la question qui revient sans cesse porte sur les tâches ménagères: "comment fais-tu, avec quatre enfants non scolarisés, pour faire les courses, le ménage... pour aller chez le médecin?" quand ce n'est pas carrément "ah non moi je préfère les savoir à l'école qu'au supermarché avec moi!". 

C'est juste une autre organisation, un autre fonctionnement. 

Ca me fait penser à cette blague qui circule dans le milieu homeschool: 
"Savez-vous comment une famille de homeschoolers change une ampoule? D'abord la mère emprunte à la bibliothèque trois livres sur l'électricité, puis les enfants construisent des maquettes d'ampoules, lisent la biographie de Thomas Edison et préparent un dossier sur sa vie. Ensuite chacun étudie l'histoire de l'éclairage, et la famille organise un atelier "confection de bougies". Puis la famille au grand complet se rend au magasin pour comparer les différents types d'ampoules ainsi que leur prix et leur rentabilité par rapport à leur longévité. Ils n'oublient pas de calculer le montant de la monnaie en sachant que les deux ampoules sont à 3€20 et qu'ils règlent avec un billet de 5€. 
Sur le trajet du retour ils partent dans un grand débat sur l'histoire de la monnaie et sur l'architecture classique, puisque le billet de 5€ en montrait une arche. Enfin, après avoir confectionné une échelle maison à base de branchages ramassés dans la forêt... l'ampoule est installée!"

Et bien c'est exactement ça... pour tout! En homeschooling toutes les petites choses du quotidien sont mises à profit. 

Les courses

Je ne vais plus au supermarché depuis plusieurs années. Quand je suis vraiment obligée d'y passer brièvement j'en ressors avec une migraine épouvantable et une horrible sensation de malaise vis à vis du nouvel esclavage qui s'y déroule et de la quantité de déchets engendrée par ce mode de consommation. Au fil du temps j'ai ressenti le besoin d'être plus cohérente dans mon mode de vie. Si le supermarché n'était pas un bon endroit pour mes enfants, il ne l'était pas pour nous non plus. J'ai d'abord opté pour le "drive", avant de me rabattre sur les magasins bio, maraîchers, épiceries en vrac, ruches... 


Je vous entends déjà me dire que c'est bien joli mais pas à la portée de n'importe quelle bourse. Mais papa homeschooler aime bien les chiffres et les budgets bien gérés: les produits "bio" et locaux sont effectivement plus chers mais nous n'avons pas pour autant augmenté notre budget courses pour autant. Nous n'achetons presque plus aucun produit transformé et nous gérons beaucoup mieux nos stocks: menus, listes de courses. 


Les enfants m'accompagnent presque systématiquement auprès des producteurs et des magasins bio, mais nous n'y allons pas pour "faire le plein" comme nous le faisions autrefois au supermarché. Nous y allons pour échanger, chercher la qualité, découvrir de nouveaux produits, pour soutenir une économie locale...

C'est essentiel d'apprendre à se nourrir et à consommer intelligemment! 

En cherchant des petits producteurs nous avons découvert de très belles exploitations près de chez nous. C'est passionnant! Acheter en vrac leur donne l'occasion d'estimer des poids et des quantités puis de les peser pour vérifier. Consommer bio et local leur permet de savoir ce qui pousse près de chez nous à chaque saison et d'adapter leurs comportements en fonction: non, nous ne pouvons pas faire de charlotte aux fraises pour ton anniversaire en février, mais à nous les tartes au citron meringué, les gâteaux aux pommes, les fondants au chocolat!


Le ménage

J'ai toujours été choquée par la présence de personnel de ménage dans les écoles: trente cinq personnes dans une pièce, aussi petites soient-elles, ne peuvent-elles pas faire le ménage elles-mêmes? Quand j'ai soulevé la question avec une enseignante elle m'a répondu "on n'a quand même pas fait des études pour faire le ménage, et les enfants ont plus important à faire que de passer la serpillère, sans parler des produits d'entretien toxiques". Wow, il y a du boulot! 

Prenons le Japon par exemple vous ne trouverez pas une seule femme de ménage dans les écoles: les enfants, dès tout petits, nettoient eux-mêmes leurs locaux, avec l'aide de leurs enseignants. Le ménage est fait tous les soirs par une petite équipe de cinq écoliers, avec un roulement d'équipes organisé. Et ils ne nettoient pas que leur salle de classe: toute école y passe, même les toilettes, la piscine, les extérieurs... Et la veille des vacances toute l'école s'y met pour un grand ménage général. Ce n'est pas "indigne", ce n'est pas non plus une perte de temps. Cela apprend juste l'humilité. J'ai sali, il est normal que je nettoie: je ne compte pas avec condescendance sur la bonne de l'école pour faire le "sale boulot" derrière moi. Pour couronner le tout ils excellent dans les classements internationaux: preuve que faire le ménage n'empiète pas sur le temps d'étude, au contraire!


Alors quand on me dit "je préfère que mes enfants soient à l'école qu'à faire le ménage avec moi à la maison" j'ai juste envie de répondre "pas moi". Déjà parce que ça va très vite le ménage quand on s'y met à 5, ça n'empiète jamais sur le temps d'étude et il leur reste tout de même énormément de temps libre! Et ensuite parce que je ne voudrais justement pas qu'ils passent leurs journées à salir une salle de classe sans même penser à la personne qui viendra nettoyer derrière eux pour un salaire de misère. Et pour répondre au problème de la toxicité des produits ménagers: une maison peut se nettoyer du sol au plafond avec du savon de Marseille, du vinaigre blanc, de l'eau et de l'huile de coude! 

Alors je ne prétendrai pas que ma maison est toujours nickel, loin de là! Mais en demandant à chacun de ranger et en répartissant les tâches on y arrive. Même au niveau du linge: il suffit d'avoir des panières séparées et un planning avec un jour de machines pour chacun. Les plus petits auront bien sûr besoin d'aide mais dès huit ans un enfant est parfaitement capable de gérer son linge sale tout seul (faire sa machine hebdomadaire, l'étendre, puis ranger son linge dans son armoire). C'est formateur pour tout le monde: les tâches ménagères font partie du homeschooling!


Les rendez-vous

Il n'y a pas tant de rendez-vous que ça!
Je groupe en début d'année les check-ups chez le généraliste, histoire de fusiller son bloc d'ordonnance en lui demandant dix mille certificats d'aptitude pour les uns et les autres. J'ai opté pour une banque en ligne joignable par téléphone à toute heure. Et pour tous les rendez-vous de "spécialistes" (ophtalmo, dentiste...) je groupe tout sur une ou deux journées pendant les vacances de mon mari... ou j'emmène toute la smala avec des livres sous le bras. Au final nous ne sommes pas dans les heures de sorties de classe, nous avons donc le temps de discuter avec des professionnels de toutes sortes: ça fait aussi partie de la vraie vie!

Et vous, quelles sont vos astuces? Les enfants participent-ils aux courses et au ménage? 

mardi 10 janvier 2017

Préparer son inspection

Petit rappel: le homeschooling en France est soumis à deux contrôles. 
-le contrôle de la mairie, effectué en théorie tous les deux ans, sensé vérifier que l'enfant ne vit pas dans un squat entre un gourou et une marâtre esclavagiste. Aucun délai légal n'est prévu (dans notre cas nous l'avons su le vendredi pour le mardi). 
-et le contrôle annuel de l'académie, destiné à vérifier que votre enfant est instruit... et que cette instruction respecte les paliers du socle commun. Vous devez être prévenus plus d'un mois à l'avance. 

En six années d'école-maison nous avons été inspectés une fois par l'académie et une fois par la mairie. J'imagine que cela s'est plutôt bien passé étant donné qu'ils n'ont pas jugé bon de revenir. 

On m'écrit régulièrement des messages affolés pour savoir comment préparer ces contrôles. Certaines familles ont entendu parler de dossiers pédagogiques à préparer et me demandent comment s'y prendre. Je ne prétends pas détenir la solution, elle est propre à chaque famille, mais je peux témoigner de la façon dont je prépare ces inspections. 


1-Le contrôle de la mairie

Une maison nickel

Etant donné qu'ils viennent jeter un oeil sur le cadre de vie de l'enfant... la maison doit bien sûr être impeccable (mais c'est toujours le cas hum hum...). Pas besoin de vivre dans un palace ultra moderne bien sûr, mais que ce soit propre et rangé, quand même... 

Bref, ça brillait de nickelitude. La haie de lauriers n'avait pas une feuille de travers, j'avais disposé des fleurs fraîches dans les vases, confié les petites soeurs aux grand-parents (les moins de six ans ne sont pas concernés donc autant qu'ils ne soient pas là: on gagne en sérénité!). Les garçons étaient habillés "ché-bran" (oui, on peut être cool sans aller à l'école), j'étais lookée comme Inès de la Fressange, la machine à café était prête à faire un expresso de la mort qui tue... et nous étions tous bien détendus. 


Pas de signes religieux

Nous avons fait le choix de garder notre religion le plus en dehors possible de l'inspection: personnellement je pense que si vous avez dans le salon un coin prière ce serait peut être bien de le ranger ce jour là. Tout comme ce n'est pas forcément le meilleur jour pour arborer vos plus belles croix ou que sais-je encore: on ne sait pas qui va venir, et en France la religion est un sujet sensible, surtout dans le cadre du homeschooling. Il ne s'agit pas de renier quoi que ce soit, juste de veiller à ne pas choquer quelqu'un dont on ne connaît pas les convictions: ce serait ballot. 

Pas non plus d'entraînement particulier pour les enfants!

Et enfin je sais que certaines familles entraînent les enfants à répondre à différentes questions mais pour notre part nous avons préféré ne pas spécialement préparer les enfants à l'entretien, pour qu'ils soient les plus naturels possibles. Je leur ai simplement rappelé d'être polis, sym-pa-thiques, et de ne pas hésiter à dire "je ne sais pas" plutôt que de répondre n'importe quoi!

Se faire inspecter n'est agréable pour personne mais la dame qui est venue était très positive et sympathique. Je lui ai tout de suite proposé de s'installer dans le salon, plus convivial... et ça s'est très bien passé! Nous avons beaucoup ri, les enfants étaient heureux de discuter de leurs passions, voyages, lectures... Elle a trouvé nos choix de vie fabuleux, et nous avons au final passé un très bon moment!

2-En bonus pour le contrôle de l'académie

Ca se corse! 

L'inspecteur vient non seulement regarder votre cadre de vie (qui, comme toujours, naturellement, scintille, sent bon les fleurs coupées et résonne de petits chants d'oiseaux mélodieux....), mais aussi évaluer la qualité de l'instruction que vous dispensez à vos enfants. Il va donc, comme il ne le fait jamais pour les enfants scolarisés, interroger vos petits pour savoir si oui ou non vous faites du bon boulot (du bon boulot... selon lui). Il ne faut pas oublier non plus que l'inspecteur d'académie est juge et partie: dans presque tous les cas il est par principe fondamentalement pour la scolarisation et contre le homeschooling. L'éducation nationale c'est toute sa vie: à moins d'être vraiment blasé il croit fermement "qu'instruire c'est un métier". Il a aussi l'habitude de s'adresser à des profs dont il est le supérieur hiérarchique et dont il décide de l'avancement: ce n'est pas quelqu'un qui a l'habitude d'être souvent contredit.

Dooooonc... cette fois-ci on marche sur des oeufs, il va falloir être bon et sûr de soi!

Pas de "dossier pédagogique"

J'avais envoyé un court mail à l'adresse indiquée sur le courrier, pour préciser un petit peu le contexte: le nom de nos cours par correspondance, les matières étudiées et les activités sportives suivies.
Il n'a pas été lu.
La prochaine fois je ne le ferai donc pas.

Je n'avais pas non plus préparé de "dossier pédagogique" et je ne le ferai pas. J'ai même lu que certaines familles préparaient des "fiches de prep" à montrer à l'inspection! Dans le jargon éducation nationale, ce sont des fiches destinées à préparer chaque cours, avec ce que chacun doit dire, les exercices à réaliser, les objectifs visés (pardon, les "compétences transversales et les compétences disciplinaires")... Bref, faites comme il vous plaît mais personnellement si je fais du homeschooling ce n'est vraiment pas pour me la jouer "iufm". Ils viennent vérifier que l'enfant bénéficie bien d'une instruction: pour cela ils ont juste besoin de voir les cahiers et de discuter un peu avec vous. Nul besoin de leur rédiger un dossier complet qu'ils ne liront pas. Vraiment, je préfère garder mon énergie pour autre chose. 
Bref: restez-vous mêmes, et faites simple!

Un mois de révisions

Le mois précédent l'inspection nous avons simplement travaillé un tout petit peu plus, afin de consolider certaines choses. Ca n'a pas servi à grand chose le jour de l'inspection étant donné la facilité des questions qui ont été posées à mon fils mais ça n'a pas été fait pour rien non plus: ce temps de révisions a été très bénéfique pour la suite! 

Être calé sur les attendus des programmes de l'éducation nationale

J'avais imprimé les programmes de l'éducation nationale (oui, ceux qu'on ne suit pas) afin de connaître point par point ce qui est attendu d'un enfant scolarisé du même âge. Je savais sur quels points nous étions en avance. Je savais aussi ce qui pouvait éventuellement m'être reproché, et j'y étais préparée. 

Avoir la routine sous la main

Je lui ai simplement montré nos deux feuilles de "routine", celles qui sont en permanence sur le frigo: la routine hebdomadaire (avec les activités des uns et des autres et les créneaux dédiés à l'école-maison), et la routine quotidienne (qui change régulièrement: ici, ici ou ici)

Des cahiers et classeurs ordonnés

Tout était prêt dans le chariot habituel, rangé par matière. Elle n'a pas vraiment prêté d'attention aux supports, ou juste pour dire que c'était vieillot ou "pas du tout comme on fait aujourd'hui". Elle essayait surtout de nous coincer "que faites vous en numération? Vous faites de la géométrie? Avez vous du matériel de manipulation? Et l'eps? Fait-il bien des sports collectifs?... Point par point je dégainais les cahiers ou les explications. Elle ne s'est pas vraiment intéressée à ce que je lui montrais: quand elle voyait qu'il y avait de la matière sur le sujet abordé, elle passait aussitôt à autre chose.

Bref: si les cahiers sont bien gérés au quotidien et que l'enfant bosse, vous aurez juste à les présenter, ça suffira amplement!

Un "cahier de sorties"

Je tiens un "cahier de sorties" par enfant, par plaisir et en prévision d'une éventuelle nouvelle inspection. J'y colle tous les billets de concerts, tickets de musées, tracts de conférences, billets d'avion ou de train, parfois une photo en l'absence d'autre document... Bref, de quoi attester de nos différentes sorties et activités culturelles, parce qu'à froid on a tendance à oublier. C'est aussi dans ce cahier que je colle les bilans de leurs écoles de sport, certificats de passages de ceintures, leurs brevets de natation etc... 

Une liste de lectures

Chaque enfant a une feuille dans son classeur sur laquelle il note les livres lus. Ca ne prend pas énormément de temps, et ça laisse une trace le jour d'une éventuelle inspection. 

Une liste de narrations

Pour les familles "Charlotte Mason" la narration occupe une large place dans le quotidien. Pour garder en mémoire les différents textes étudiés je les consigne au jour le jour par écrit, sur une feuille glissée dans leur classeur. J'ai tenté d'expliquer un peu la pédagogie Charlotte Mason, mais elle n'était pas vraiment intéressée par ce que nous faisions (elle cherchait plutôt ce que nous ne faisions pas, d'où l'intérêt d'avoir des choses à présenter ou des arguments pour chaque point du programme de l'EN)

Relire la loi en vigueur

J'avais attentivement relu la loi et je connaissais les décrets, pour être armée au cas où. J'avais les textes principaux imprimés, à portée de main, prêts à être dégainés si besoin. J'ai aussi reçu l'aide précieuse de nos cours par correspondance, qui ont avec les années accumulé beaucoup d'expérience et qui m'ont vraiment mise en confiance vis à vis de cette inspection. Je savais qu'en cas de problème, je pouvais me tourner vers eux. Je bénéficiais aussi du confort de pouvoir répondre "ce n'est peut être pas ainsi que les écoles que vous inspectez fonctionnent aujourd'hui, mais c'est ainsi que notre cours fonctionne. Or il est agréé par le rectorat de Paris": cela coupait court à toute objection. Rien que pour ce confort je continuerai à prendre des cours par correspondance. 

Et vous, comment préparez-vous vos inspections?

mercredi 14 décembre 2016

L'enfant malade et la scolarisation

Les petites maladies des enfants

En déscolarisant vos enfants vous espériez échapper aux microbes?  Désolée mais c'est loupé:entre les clubs sportifs et les diverses activités culturelles on n'échappe pas aux petites maladies. Les enfants non-sco font donc eux aussi leur immunité, même s'ils sont sûrement moins souvent malades que leurs homologues scolarisés. Mais lorsqu'un enfant est malade je n'hésite pas à lever le pied le temps qu'il se rétablisse. C'est l'un des gros avantages du homeschooling: la liberté de pouvoir s'arrêter.

Lorsqu'un enfant scolarisé rate une semaine d'école, la maîtresse n'attend pas: la classe continue sa progression. Chaque jour d'absence est donc un jour de travail à rattraper. Mais en homeschooling les enfants prennent le temps de se remettre sur pieds. Une fois guéris ils reprennent tranquillement à l'endroit exact où ils s'étaient arrêtés.

Les petites maladies des parents

Parent de petit homeschooler, ne rêve pas: ton enfant peut avoir la grippe, mais pas toi. Tu ne peux pas. Si tu flanches, tout flanche avec toi. Si tu étais tenté à l'idée de tomber malade, pense à l'état de ta maison après plusieurs jours d'alitement. Tu vois, ça va tout de suite beaucoup mieux! Sport, jus d'orange pressée au petit déjeuner, vie saine: pour assurer auprès des enfants commence par prendre soin de toi!

Mais si malgré toutes ces précautions ton corps, en bon scélérat, venait à te trahir: lève le pied. Comme tes enfants: prends le temps de te remettre. J'ai testé le homeschooling avec la grippe, parce qu'il fallait "avancer"... mais ce n'est pas franchement une expérience à renouveler. Tu es malade? Range les cahiers: je suis sûre que les petits ont justement besoin d'enrichir leur culture cinématographique!

L'hospitalisation d'un enfant non-scolarisé

J'ai appris, à l'occasion de l'hospitalisation d'un de mes enfants, l'existence de "l'école à l'hôpital". Comme un homeschooler averti en vaut deux, voici ce qui risque de vous arriver:

A peine arrivés dans le service pédiatrique, après une nuit épouvantable et alors que nous avions franchement d'autres soucis, nous avons reçu la visite d'une institutrice pour remplir une fiche de renseignements sur mon enfant: classe, établissement scolaire et nom de la maîtresse. Elle souhaitait organiser sa scolarisation à l'hôpital et m'informer qu'elle passerai chaque matin lui faire classe dans sa chambre jusqu'à ce qu'il puisse se déplacer pour aller en classe avec les autres enfants de l'hôpital. 


Et comme je sais à quel point vous adorez cette facette du homeschooling qui consiste à débattre, se justifier, argumenter et expliquer... je vous épargnerai le long débat qui a suivi: "comment ça il ne va pas à l'école?", "mais pourquoi?", "à l'hôpital en tout cas c'est gratuit et obligatoire", "mais enfin, nous sommes vendredi et l'école est obligatoire!", "il a peut-être passé une nuit blanche mais puisque je vous dit que j'ai l'accord du médecin pour le faire travailler!", "vous êtes bien la première à ne pas être contente", "vous êtes qualifiée pour ça?", "dans ce cas je lui ferai juste faire un petit test pour vérifier son niveau, vous pouvez nous laisser" ... 


Evidemment je n'ai pas laissé un enfant qui ne tenait même pas debout avec une inconnue pour faire des tests de niveau. Ça s'est fini avec un mot croisé débile sur les fruits, en ma présence, pour la "rassurer" sur ses capacités en lecture et en écriture et acheter -enfin!- notre tranquillité à tous les deux. Tranquillité obtenue après un nouveau petit débat sur le fait qu'à 7 ans il ne savait pas qu'un mot croisé se remplit en majuscules d'imprimerie et non en cursives.


Mais surprise: quelques jours après notre retour à la maison, soit une semaine avant les grandes vacances, j'ai reçu un appel étrange de l'inspection académique affirmant-à tort- que nous n'étions pas en règle étant donné que nous n'avions pas été inspectés durant l'année scolaire! Nous devions scolariser nos enfants pour les trois derniers jours d'école ou risquer une amende exorbitante. Sauf que... nous étions parfaitement en règle. Et nous ne sommes bien sûr pas responsables de l'absence de contrôle: c'est à l'académie d'y veiller, pas à nous. 
L'inspection académique a refusé de me dire comment ils avaient obtenu mon numéro de portable et pour cause: ils n'ont pu l'avoir que par l'intermédiaire de l'hôpital. Nous n'avons plus eu de nouvelles d'eux suite à cet étrange appel. 

Alors si d'aventure cela devait vous arriver sachez que non, en France l'école n'est pas plus obligatoire à l'hôpital qu'ailleurs. Vous avez le droit de continuer à assurer le homeschooling en milieu hospitalier, tout comme vous avez le droit de décréter que votre enfant peut lever le pied sur ses apprentissages le temps de guérir. Vous n'êtes pas non plus soumis au calendrier scolaire sous prétexte que l'enfant est hospitalisé: vous avez parfaitement le droit de le mettre en vacances mi-septembre ou encore de ne pas étudier un mardi.

Depuis quand inflige-t'on une telle pression aux enfants? Vous devriez pouvoir bénéficier d'un trimestre ou d'une année sabbatique le temps de remettre votre bout de chou sur pieds, sans subir la moindre pression. "Redoubler" pour guérir n'a absolument aucune importance. N'importe quel adulte hospitalisé a droit à un congé maladie, sans qu'on vienne le saouler avec des factures et des bilans: un enfant aussi a le droit de lever le pied!

L'école à l'hôpital est peut-être une chance pour certains enfants malades, mais contrairement à ce qui est écrit un peu partout elle n'est absolument pas obligatoire. Sachez aussi qu'à l'hôpital plus que n'importe où vous êtes vraiment attendus au tournant: tout ce qui sort de l'ordinaire en matière d'éducation est sujet à soupçons. Si vous réussissez à éviter d'aborder la question du homeschooling, faites-le! 

mardi 13 décembre 2016

Des activités autour d'Helen Keller!

Notre planning de voyages autour du monde nous a emmenés récemment aux Etats-Unis. Et comme il y avait vraiment trop à dire et trop à faire, le voyage s'est largement prolongé!


Au programme: hamburgers maison, lecture de la case de l'oncle Tom, après-midis pluvieuses devant la petite maison dans la prairie,... et puis les choses ont pris une direction que je n'avais pas du tout prévue! Je pensais cow-boys et indiens, guerre d'indépendance, constitution, Captain America, gastronomie, New-York, Charlie Chaplin... Mais pendant que les deux grands se passionnaient pour les élections Clinton vs Trump, c'est Helen Keller qui a le plus retenu l'attention des petites de 4 et 6 ans. Alors nous avons lu toute son histoire en narration...

Au fil des semaines les filles se sont mises spontanément à errer dans la maison les yeux bandés et les oreilles bouchées grâce à un casque anti-bruits.

Nous avons sorti, comme Ann Sullivan, l'alphabet rugueux. Je l'avais en stock depuis des années sans vraiment m'en servir. J'ai appris à cette occasion qu'il était utilisé bien avant Maria Montessori, pour enseigner la lecture aux enfants déficients visuels. Les filles ont joué à se bander les yeux et à deviner de quelle lettre il s'agissait. 

Puis elles ont appris l'alphabet manuel qui se trouvait dans le livre d'Helen Keller, et elles ont commencé à s'épeler des mots entre elles. L'idée de pouvoir s'échanger des secrets devant les grands frères était vraiment trop tentante. 

Pendant les courses nous avons cherché ensemble les étiquettes en braille...

Comme l'intérêt ne faiblissait pas et qu'elles commençaient à tester l'écriture en braille à coups de compas sur leurs feuilles (décidément, cette table doit vraiment m'en vouloir à mort de m'être lancée dans le homeschooling)... il a fallu commander une petite ardoise en braille.


Et grâce aux bonnes idées d'Eve la maison s'est remplie de la mélodie d'On écrit sur les murs en LSF, les enfants apprenant progressivement à en copier les gestes.

Nous avons poursuivi par l'écoute, en voiture, de l'histoire de Louis Braille, l'enfant de la nuit, et par une après midi devant le très beau film sur la "Helen Keller française": Marie Heurtin.

J'avais peur que les filles, en plein apprentissage de la lecture et de l'écriture, s'emmêlent les pinceaux en apprenant un autre alphabet. Je me suis vite aperçue que non seulement elles ne mélangeaient rien du tout, mais qu'elles ont même décollé en lecture et en écriture! A ma grande surprise cette passion dévorante pour Helen Keller est venue alimenter leurs propres apprentissages sur les sons et les syllabes. Plus surprenant encore: écrire le braille de droite à gauche, en "miroir", a énormément aidé à régler les problèmes d'écriture de la plus grande, gauchère, qui avait tendance à inverser les lettres. 



Autres ressources:
Elix, le dictionnaire vivant en LSF
L'histoire d'Elen Keller
Louis Braille l'enfant de la nuit
Ardoise pour écrire le braille
Lettres rugueuses
Le film Marie Heurtin
Le clip On écrit sur les murs en LSF